21.02.2014 à 15:57

SKICROSS«Nous nous sommes battus nous-mêmes»

Ralph Pfäffli, coach national, résume bien la débâcle helvétique du jour en skicross. «J'aurai besoin de temps pour retrouver le moral», ajoute la Vaudoise Fanny Smith.

Keystone

«Nous nous sommes battus nous-mêmes.» En une phrase, l'entraîneur national Ralph Pfäffli a résumé la compétition de skicross dames aux Jeux olympiques de Sotchi. Avec Fanny Smith, Sanna Lüdi et Kathrin Müller, soit trois des cinq meilleures mondiales, l'équipe helvétique visait au minimum une médaille. Mais elle n'a même pas eu droit à la finale, laissant les Canadiennes s'offrir le doublé avec Marielle Thompson (1ère) et Kelsey Serwa (2e).

Ce dénouement est d'autant plus frustrant que les Suissesses se sont véritablement sabordées dans l'Extrême Parc de Rosa Khutor. A commencer par Fanny Smith. Après avoir facilement franchi les huitièmes puis les quarts de finale, la Vaudoise a rapidement pris les devants en demi-finale. Et alors que la qualification semblait dans la poche, la championne du monde et tenante de la Coupe du monde s'est laissé surprendre par une succession de bosses, perdant sa vitesse et toutes ses illusions.

«J'ai essayé de sauter les trois bosses de ce dernier virage, mais cela n'a pas marché comme prévu. Je me suis fait tasser et j'ai perdu ma vitesse», a expliqué la skieuse de 21 ans, qui avait pourtant préféré amortir l'une de ces bosses fatales lors de ses deux runs précédents. «C'est peut-être le stress qui m'a poussé à prendre ce risque. Je le paie très cher en tout cas», a relevé la Villardoue, finalement classée à un 8e rang très éloigné de ses attentes. «Je ne veux pas me cacher, j'étais venue à Sotchi pour une médaille», a-t-elle admis.

Sa coéquipière Sanna Lüdi a connu la même mésaventure, au même endroit du parcours et alors qu'elle était aussi en tête de son run. Seule différence, c'est en quart de finale que les Jeux de la Bernoise ont pris fin. De son côté, Kathrin Müller a aussi été éliminée en quart de finale, coupable d'avoir mal appréhendé la première bosse du parcours. Moins attendue que ses trois leaders, la néophyte valaisanne Jorinde Müller a été évincée sur chute dès les 8es de finale.

Une déroute

Autant dire que ce 21 février 2014 hantera longtemps cette ambitieuse équipe de Suisse. «J'aurai besoin de temps pour retrouver le moral», a reconnu Fanny Smith, qui s'est également fait une grosse entaille à la main lors de cette journée noire. «La déception est immense. Je me trouvais dans une excellente forme, a renchéri Sanna Lüdi. C'est vraiment pas de chance. Nous avons la meilleure équipe du circuit, nous pouvons toutes viser le podium, mais nous rentrons les mains vides.»

«Ce ne sont décidément pas les Jeux des Suisses en skicross», a finalement remarqué Kathrin Müller, faisant aussi référence à la compétition masculine de jeudi, quand les skieurs helvétiques, représentés par Alex Fiva et Armin Niederer, n'avaient pas non plus répondu aux attentes placées en eux.

Dans un sport comme le skicross, qui ne se trouve vraiment sous les projecteurs qu'aux Jeux olympiques, un tel raté fait tache dans le camp suisse. «Cela fait partie du jeu. Mais il est vrai qu'il est très décevant de n'être même pas en finale des Jeux, alors que c'est le cas à quasiment chaque course de Coupe du monde», a commenté Ralph Pfäffli.

Selon le coach national, la pression inhérente aux JO n'est pas la cause de la débâcle helvétique. «Les filles étaient évidemment un peu nerveuses. Mais c'est normal aux Jeux, a-t-il noté. Il y a eu une accumulation de petites erreurs individuelles qui, au final, sont lourdes de conséquences. C'est la loi du skicross.»

(SI)

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