ÇA MOUSSE!: «Nous sommes sereins au Paléo»

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ÇA MOUSSE!«Nous sommes sereins au Paléo»

La 42e édition du Paléo Festival démarre aujourd'hui dans une ambiance prometteuse.

par
Caroline Piccinin
Maxime Schmid

Hier, lors de la conférence de presse de lancement du Paléo et de la traditionnelle visite de l'Asse, l'effervescence était dans l'air et se lisait sur les visages. Outre sous la douche du Smooth Volcano, conception de la HES-SO, Daniel Rossellat a aussi moussé sur la venue des Red Hot Chili Peppers.

«On a longtemps pensé que c'était inaccessible, explique le boss du Paléo. Normalement ils ont une immense technique pour les stades, mais ils ont accepté l'idée de faire des festivals. Du coup, comme la production est moins chère, on a pu avoir une négociation constructive sur le plan technique et financier.»

Un rêve pour le festival et son président, qui les avait vus à Los Angeles en première partie des Rolling Stones il y a plus de vingt ans. Une ouverture de festival qui pourrait bien être à l'image de la soirée avec Stromae en 2014: bondée. «C'est un groupe que tous les collaborateurs espéraient voir depuis longtemps et, comme ils ont chacun droit à trois invitations, ils en ont demandé beaucoup»!

Coup de cœur pour le Mexique

Outre les artistes dont rêve encore le directeur – Bruce Springsteen ou Paul McCartney – c'est Vianney et Petit Biscuit qu'il se réjouit de voir lors de cette édition. Toutefois, sa plus belle découverte s'est produite lors d'un voyage en Amérique centrale.

«Le Mexique est un pays fascinant, d'une immense richesse. Quand je vois la manière dont Trump caricature les Mexicains en les traitant de fainéants ou de drogués, ce n'est tellement pas ce que j'ai vu. Ils ont une histoire de civilisation fascinante, la nourriture est délicieuse, les gens d'aujourd'hui sont chaleureux, inventifs. Certes, ils aiment faire la fête mais ils ne sont pas ces paresseux qui font la sieste avec leur sombrero sur la tête», raconte Daniel Rossellat avec un sourire comme une invitation à aller flâner au Village du monde et à gravir l'un des trois temples mayas qui y sont érigés.

De grosses structures comme ce fameux Smooth Volcano, dans lequel il a pris une douche de mousse devant les journalistes amusés. Il redevient sérieux quand on parle sécurité. «Il n'y a pas eu d'escalade dans le dispositif, nous avons juste fait des ajustements en tenant compte de l'évolution des risques et avons plus de 1000 collaborateurs et 430 autres personnes qui s'en occupent.»

Et l'avenir dans tout ça?

À l'heure où des multinationales achètent des festivals — comme Live Nation, qui vient de s'offrir l'Openair Frauenfeld – certains ont des inquiétudes face à cette problématique. Mais pas le Paléo. Le boss métaphore: «Ce n'est pas parce qu'il y a des Starbucks partout que les petits cafés qui misent sur la qualité ne vivent plus. On est attentifs, mais on est sereins.»

Et si on lui proposait 2 milliards? «Il n'y a aucune volonté de la part de l'association de vendre le Paléo. Peu importe le montant, personne ne serait d'accord! On s'est inventé un métier, on fait quelque chose d'extraordinaire, je n'aimerais pas m'acheter une retraite de cette manière-là, même très confortable!»

On attrape le mot «retraite» au vol: comment voit-il son festival dans vingt ans? «Je suis confiant pour la suite. On a des gens très compétents à tous les postes-clés, dont de jeunes talents en incubation ici et là. Je suis sûr qu'ils seront prêts à le faire encore mieux le jour où les pionniers qui ont inventé le festival se mettront au repos (rires)!»

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