Vacarme: «Nous vivons un vrai cauchemar»

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Vacarme«Nous vivons un vrai cauchemar»

Les copropriétaires de la résidence Les Platanes, au-dessus du nouveau poste de police de la Servette (GE), sont à bout. La famille Cloux va même jusqu'à dormir ailleurs.

par
Valérie Duby
Laura et Jeremy Cloux ont emménagé fin 2015 à la route de Meyrin (GE). Le calvaire a commencé le 1er mai avec l'arrivée du poste de police.

Laura et Jeremy Cloux ont emménagé fin 2015 à la route de Meyrin (GE). Le calvaire a commencé le 1er mai avec l'arrivée du poste de police.

Christian Bonzon

C'est Julia, la voisine du 2e étage, qui le dit en parlant de Laura et Jeremy Cloux, 28 et 29 ans: «Ils ont l'air si fatigués.» Les heureux parents d'une petite fille de 3 ans vivent un «cauchemar» dans leur nouveau et bel appartement du premier étage de la route de Meyrin 24, juste au-dessus du poste de police de la Servette (GE). Entre les coups portés sur les portes des violons et les hurlements des détenus en cellules, le jeune couple n'en peut plus. Le week-end, dernier, Laura, Jeremy et leur fillette sont même partis dormir ailleurs, «dans la famille». Ils en feront de même en fin de semaine. Jeremy avoue qu'il est «à bout». Il ne dort plus qu'avec des boules Quiès et un casque de l'armée sur les oreilles. Sa femme, Laura, elle, ne peut pas se le permettre. Parce qu'il y a la petite…

Comme d'autres copropriétaires de la résidence Les Platanes, qui ont emménagé fin 2015, Laura et Jeremy ont l'impression d'avoir été grugés. «C'est quand même triste de ne plus avoir envie de rentrer chez soi», constate Julia, qui en vient à regretter l'appartement qu'elle louait dans le quartier avant d'acheter. Désormais, Julia allume la télévision dès qu'elle rentre chez elle… «Nous ne sommes pas entendus, on se sent piégés. On nous dit: «Mais vous saviez bien que vous achetiez au-dessus d'un poste de police!» C'est vrai. Sauf que l'on nous avait promis, à plusieurs reprises, qu'il n'y aurait pas de nuisances. Même lorsque l'on a signé chez le notaire», expliquent Laura et Jeremy Cloux.

Cela fait maintenant deux mois que le poste de police a emménagé route de Meyrin. Réunions de copropriétaires, courriers aux promoteurs, à l'entreprise générale, au conseiller d'Etat chargé de la sécurité, Pierre Maudet, rien n'y a fait. Les bruits persistent. Des premiers tests acoustiques ont eu lieu. D'autres, complémentaires, sont en cours. «Des enregistreurs ont été posés dans des appartements», indique Sara Roux, de la société Aton, l'un des trois promoteurs du projet immobilier. Tout récemment, des feuilles ont été distribuées aux copropriétaires afin qu'ils notent les types de bruits entendus (cris, coups, vibrations) et à quelle heure.

Fermer les «violons»?

En tant qu'administrateur de la copropriété, la régie Rosset a écrit le 23 juin à la cheffe de la police, Monica Bonfanti, faisant état de «nuisances intolérables» et demandant à ce que dans l'attente des résultats des expertises acoustiques, les violons ne soient plus utilisés, du moins provisoirement. «Nous n'avons pas reçu de réponse à ce jour. Un nouveau courrier a été adressé afin de réitérer nos demandes», explique-t-on chez Rosset Immobilier. Laura, Jeremy, Julia et les autres copropriétaires attendent des solutions. Rapidement.

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