16.10.2020 à 06:26

Jura bernois«Nous voler trois œufs, c’est vraiment petit!»

Les agriculteurs qui vendent leurs produits en libre-service sont dépités: décidément, la confiance est mal récompensée.

par
Vincent Donzé
La caisse des locaux de vente en libre-service repose sur la confiance.

La caisse des locaux de vente en libre-service repose sur la confiance.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Les locaux de produits agricoles vendus en libre-service rythment la route principale de Cormoret, dans le vallon de St-Imier (BE). Problème relevé par «Le Journal du Jura»: la confiance est mal récompensée. «Nous voler trois œufs, c’est vraiment petit», disent des agriculteurs qui ont posé une caméra de surveillance, factice ou non, alors que d’autres cherchent une parade.

Chez les Amstutz, où il faut pousser la porte d’entrée pour acheter des œufs de la ferme en libre-service, des voleurs se sont fait attraper la main dans le sac: «Ce ne sont que des œufs!», s’est entendu dire l’agricultrice. Maintenant que les occupants d’un immeuble locatif sont partis suite à une faillite, c’est une dame du village qui est soupçonnée: «Quand mon mari est allé à l’écurie, elle a fait demi-tour en le voyant», rapporte la paysanne.

À Cormoret (BE), la pratique du self-service est très répandue.

À Cormoret (BE), la pratique du self-service est très répandue.

Lematin.ch/Vincent Donzé

«Je loque (ndlr. verrouille) la porte la nuit. Avant, je laissais ouvert», indique une paysanne. Voler des œufs, c’est pour elle le jeu du chat et de la souris. Désormais, la caisse est vidée régulièrement, ce qui pose un problème comptable.

Le souhait de certains consommateurs, c’est de pouvoir payer sans contact avec une carte de crédit. «Après deux vols d’affilée, on va changer de système», indique Marlyse Binggeli, qui vend des œufs, des patates et des saucisses en libre-service dans un local fermé à clef, une fois la nuit tombée. La première riposte consiste à visser contre un mur une caisse munie d’une fente, même si ce système empêche l’acheteur de retirer de la monnaie.

Un comble: une caméra factice ou non a été installée à côté des cartons d’œufs.

Un comble: une caméra factice ou non a été installée à côté des cartons d’œufs.

Lematin.ch/Vincent Donzé

«Encore la semaine passée, quelqu’un a emporté des saucisses, des pommes de terre et des œufs. Le malfrat a vidé au passage la tirelire, qu’il a reposée sur la barrière de l’enclos des moutons», ont témoigné dans «Le Journal du Jura» Marlyse et Nicolas Binggeli, victimes de deux pillages successifs.

Avec pignon sur la route principale, Marianne et Heinz Zimmermann ont indiqué vouloir jouer le jeu «en espérant que les gens en feront de même». Il y a deux ans. on leur a fauché six kilos de miel à 24 fr. le kg., suite à quoi la pose d’une caméra de surveillance leur a permis de démasquer plusieurs voleurs.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
72 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Patrick

17.10.2020 à 20:10

C'est malheureux, mais de nos jours plus rien ne se vole pas. Le respect n'est bientôt plus qu'une vague notion.

Killy

17.10.2020 à 14:08

Et oui et pas que les oeufs malheureusement , merci la gauche et vu les votations pas trop se plaindre, le vin est tiré ont le bois .

Pfiu

17.10.2020 à 08:50

C’est parce que c’est les gens qui paient déjà grâce aux payements directs donc c’est logique d’aller se servir