Bâle: «Nous voulons éviter que des mères tuent leur bébé»

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Bâle«Nous voulons éviter que des mères tuent leur bébé»

Deux hôpitaux bâlois proposent depuis peu l'accouchement confidentiel à celles qui le souhaitent.

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L'hôpital Bethesda à Bâle et la clinique pour femmes de Liestal (BL) ont étendu leur offre pour les femmes enceintes en détresse. Depuis peu, les patientes peuvent mettre au monde leur enfant dans les locaux de l'institution sans que leur identité ne soit révélée à des tiers, relate jeudi «20 Minuten».

Le directeur de l'hôpital Bethesda, Thomas Rudin, explique les avantages de cette méthode par rapport aux fenêtre à bébé: «Lorsqu'une femme utilise la fenêtre à bébé, elle est totalement livrée à elle-même. Avec l'accouchement confidentiel, les patientes disposent d'un suivi médical, personnalisé et, sur demande, psychologique.» Voilà pourquoi le gouvernement de Bâle-Campagne avait décidé en 2015 déjà de renoncer aux fenêtres à bébé et de privilégier l'accouchement discret.

A 18 ans, l'enfant peut connaître l'identité de la mère

En élargissant l'aide apportée aux femmes en situation de détresse, Thomas Rudin espère éviter des drames tels que celui qui s'était produit à Horgen (ZH) en janvier 2016. Une jeune femme avait accouché dans sa salle de bain sans en informer un médecin ou ses parents, qui se trouvaient pourtant à la maison au moment des faits. Elle avait ensuite placé le nourrison dans un bidon, qu'elle avait rempli avec des habits avant de le déposer dans son armoire. Le bébé avait fini par mourir. «L'accouchement confidentiel est censé éviter que des femmes désespérées abandonnent leur enfant ou le tuent.»

Et voici comme ça fonctionne: l'identité de la femme est traitée de manière confidentielle grâce à un pseudonyme. Seul l'Etat civil connaîtra l'identité réelle de la mère et de l'enfant. L'hôpital s'engage en effet à protéger l'identité de la mère vis-à-vis des tiers, y compris des autres médecins traitants. Après l'accouchement, l'enfant reste à l'hôpital, et plus tard il est livré à l'adoption. A 18 ans, il peut connaître l'identité de sa mère biologique. «Après l'accouchement, la mère a la possibilité de rester en contact avec son enfant. Après un délai de 12 mois, le nourrisson est mis à l'adoption», explique Thomas Rudin.

L'accouchement discret est proposé dans plusieurs autres cantons, comme notamment en Valais, depuis plusieurs années.

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