Justice - Nouveau procès des grévistes du climat à Lausanne

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JusticeNouveau procès des grévistes du climat à Lausanne

Ce mercredi se tiendra à Lausanne le procès de certains grévistes du climat qui avaient occupé les locaux UBS à Lausanne. Les professeurs de l’UNIL, Julia Steinberger et Dominique Bourg, en font partie.

par
Eric Felley
Le 14 janvier 2020, les locaux d’UBS à Lausanne avaient été occupés durant deux heures. La banque avait déposé une plainte.

Le 14 janvier 2020, les locaux d’UBS à Lausanne avaient été occupés durant deux heures. La banque avait déposé une plainte.

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Le 14 janvier 2020, des militantes et de militants pour le climat s’étaient installés dans l’entrée des locaux d’UBS sur la place Saint-François à Lausanne. Ils avaient déployé des banderoles et des pancartes où figuraient des slogans demandant à la banque d’arrêter d’investir dans les énergies fossiles. Ils avaient également déposé des morceaux de charbon sur le sol en marbre blanc. L’établissement avait saisi la justice.

Quelques morceaux de charbon

Ce mercredi, dès 9 heures, le Tribunal d’arrondissement va juger certaines des 25 personnes présentes, qui ont déjà reçu des ordonnances pénales pour violation de domicile et dommage à la propriété. Engagés aux côtés des grévistes du climat, les professeurs de l’Université de Lausanne, Julia Steinberger et Dominique Bourg font partie des accusés. Dans un communiqué, l’association Grève du climat Vaud constate: «Notre visite a duré deux heures. Mis à part quelques morceaux de charbon que la banque ne nous donnait pas le temps de nettoyer, nous n’avons rien laissé sur place en partant. À aucun moment pendant notre visite, nous avons entravé le passage des clients».

UBS dispensée d’être au procès

Les accusés vont bien entendu plaider l’acquittement, mais Grève du Climat craint que ce procès ne soit qu’une formalité pour les condamner, car le tribunal «refuse d’entendre les experts de la finance que nous voulions inviter en témoin, et a même dispensé UBS de venir au procès. C’est une violation de notre droit d’être confronté et de poser des questions à la partie plaignante».

L’association veut placer son action dans le cadre du droit de manifester: «Nous espérons que le tribunal se rappellera qu’une petite visite chez une banque d’importance systémique pour la demander d’agir dans l’intérêt général relève des droits démocratiques de la population, et décidera, à défaut de nous donner raison sur la forme du procès, d’au moins nous donner raison sur le fond!»

Des centaines de condamnations

Depuis fin 2018 et début 2019, de nombreuses actions de désobéissance civile en faveur du climat ont eu lieu en Suisse romande, en particulier dans le canton de Vaud. Quelque 250 activistes des mouvements comme Extinction Rebellion (XR), Grève du climat Vaud et Lausanne Action Climat ont été condamnés par ordonnance pénale pour leurs actions.

Le précédent du Credit Suisse

Douze d’entre eux avaient occupé les locaux lausannois de Credit Suisse en y faisant une partie de tennis en novembre 2018. Ils avaient été acquittés en première instance, mais condamnés en appel par la justice vaudoise. Ils ont fait recours au Tribunal fédéral, mais sans succès sur la question principale. Au mois de mai, les juges de Mon Repos ont estimé que l’urgence climatique n’entrait pas dans la définition du «danger imminent» et ne correspondait pas au principe «d’état de nécessité licite», qui peut justifier dans certaines conditions une action illégale.

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