France: Nouveau procès Kerviel? La justice reporte sa décision
Actualisé

FranceNouveau procès Kerviel? La justice reporte sa décision

La justice refuse de se prononcer pour l'instant sur la demande de révision de Jérôme Kerviel.

Kerviel a déposé en janvier une demande de révision.

Kerviel a déposé en janvier une demande de révision.

La justice française a remis lundi à plus tard toute décision sur un éventuel nouveau procès de Jérôme Kerviel, ce qui a permis à l'ex-trader comme à son ancien employeur et désormais adversaire, Société Générale, de crier victoire. «Ca va être un long combat, on est prêt, j'ai confiance en l'issue de la procédure», a dit Jérôme Kerviel après avoir appris le sursis à statuer décidé par la commission d'instruction rattachée à la Cour de révision.

Cette instance avait trois possibilités: rejeter la demande de l'ex-trader, la transmettre à la Cour de révision, seule habilitée à prendre la décision, rarissime en France, de tenir un nouveau procès, ou sursoir à statuer.

«Nous sommes particulièrement satisfaits de ne pas avoir été déboutés», a dit Me David Koubbi, son avocat, pour qui la décision lundi montre que la démarche en vue d'un nouveau procès est «fondée». «Il s'agit d'un premier pas d'importance», s'est-il félicité.

Victoire pour la banque

Me Koubbi a rappelé que l'ex-trader avait déposé trois plaintes contre Société Générale, qu'il accuse d'avoir manipulé l'enquête, lesquelles sont encore à l'instruction.

«C'est une victoire pour la Société Générale», qui avait demandé un report, a pour sa part affirmé Jean Veil, avocat de la banque.

Pour lui, si la justice a décidé de reporter sa décision, ce n'est pas parce qu'un «fait nouveau» justifierait de rouvrir le dossier, mais parce que «prudemment, (elle) attendra que les instructions soient terminées» en ce qui concerne les plaintes de l'ex-trader.

Me Jean Veil a assuré qu'il n'y avait «aucun doute» que la demande d'un nouveau procès serait finalement rejetée.

Escroc pour les uns, bouc-émissaire pour d'autres, Jérôme Kerviel, 39 ans, accusé en janvier 2008 d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à sa banque, a été condamné à cinq ans de prison dont trois ferme. Il avait finalement été remis en liberté conditionnelle en septembre 2014.

(AFP)

Votre opinion