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EmploiNouveau record du chômage en France

Selon les chiffres officiels, la France compte près de 3,5 millions de demandeurs d'emploi sans aucune activité. Le président Hollande reste en échec sur le chômage.

La France est plombée par une croissance atone et un chômage record.

La France est plombée par une croissance atone et un chômage record.

AFP

Avec 3,496 millions de chômeurs sans activité en métropole en décembre et 189'100 demandeurs d'emplois supplémentaires en 2014, le président Hollande reste en échec sur le chômage à plus de mi-mandat, les effets du Pacte de responsabilité tardant à se concrétiser.

Quelque 8100 personnes supplémentaires, sans activité, se sont inscrites à Pôle emploi en un mois (+0,2%). Sur l'année, la progression du nombre des chômeurs de cette catégorie (A) a été de 5,7%, comme en 2014.

En tenant compte des chômeurs ayant une activité réduite, 5,21 millions de personnes étaient inscrites sur les listes en métropole, et 5,52 millions avec l'Outre-mer. Dans un communiqué, le ministère du Travail observe qu'«en décembre la progression ralentit», étant «deux fois inférieure à la moyenne mensuelle des douze derniers mois».

«Travailleurs précaires»

Pour Eric Heyer, économiste à l'OFCE, ces résultats de décembre sont «symptomatique» d'une «explosion» des demandeurs d'emplois avec une activité limitée et donc des «travailleurs précaires».

«Aujourd'hui, deux embauches sur trois sont des CDD de moins d'un mois, ce qui veut dire des contrats d'une semaine, deux semaines», a-t-il expliqué à l'AFP. Ces personnes «sortent des statistiques du Bureau international du travail ou de la catégorie A (sans activité) parce qu'elles vont travailler quelques heures mais elles sont tout de même demandeurs d'emploi en fin de mois».

Pour l'expert, «ça fait 1,7 millions de personnes qui naviguent entre chômage et emploi».

Parmi les demandeurs d'emploi, les rangs des plus de 50 ans, les plus touchés, ont bondi de 10,4% sur un an. Selon Eric Heyer, cette progression révèle «l'absence de politique ciblée sur eux, contrairement à ce qui est fait pour les jeunes».

En effet, le nombre des jeunes demandeurs d'emploi de moins de 25 ans en hausse de 1,7% seulement sur un an, a légèrement baissé en décembre (-0,2%).

Un lourd dossier pour le gouvernement

«Le gouvernement a mobilisé la politique de l'emploi tout au long de 2014, en particulier en faveur de ceux qui sont les plus exposés au risque d'exclusion du marché du travail», a rappelé le ministère en citant «près de 97'000 emplois d'avenir pour les jeunes souvent peu qualifiés», «près de 310.000 contrats aidés non marchands et 48'000 marchands pour des chômeurs de longue durée ou éloignés de l'emploi».

Le chômage longue durée s'accuse : en décembre, plus de 2,4 millions de personnes étaient inscrites à Pôle emploi depuis plus d'un an (+9,3% en un an). Pour les chômeurs inscrits depuis 3 ans ou plus, la hausse atteint 19,1% sur un an.

Un dossier lourd pour François Rebsamen qui doit présenter en février «les résultats des travaux sur la lutte contre le chômage de longue durée».

Pas de franche embellie à prévoir en 2015

Pour relancer l'économie, le ministre du Travail compte notamment sur «le plein déploiement du Pacte de responsabilité et de solidarité et une amélioration de l'environnement économique qui dynamiseront l'emploi en 2015».

Les premiers effets du Pacte, qui octroie 40 milliards d'euros aux entreprises d'ici à 2017 en échange de négociations dans les branches professionnelles sur l'emploi notamment, tardent toutefois à se concrétiser.

A ce jour, seulement 11 accords de branches ont été conclus, couvrant 4 millions de salariés sur les 11,4 millions des 50 principales branches.

La plupart des observateurs ne prévoient pas de franche embellie cette année. L'Institut national de la statisque et des études économiques (Insee) tablait, dans ses prévisions publiées en décembre, sur un taux de chômage à 10,2% en France métropolitaine (10,6% Outre-mer compris) mi-2015.

Vers 1% de croissance cette année

Plus récemment, l'Unédic, l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage, a prévu 104'000 chômeurs supplémentaires en 2015, après 182'000 l'an dernier.

Ses projections de janvier se basent sur une croissance de 0,4% pour 2014 et 0,8% pour 2015, «faible» donc et «qui limiterait la progression de l'emploi».

Le gouvernement table, lui, sur 1% de croissance cette année. Mais pour les économistes, une baisse significative du chômage n'est possible qu'à partir de 1,5% de croissance.

Depuis l'élection présidentielle de mai 2012, quelque 572'500 personnes supplémentaires se sont inscrites à Pôle emploi.

Valls sur le chômage: «Il ne faut pas s'attendre à des miracles»

Manuel Valls a jugé mardi qu'il ne «faut pas s'attendre à des miracles» alors que les chiffres du chômage affichent un nombre de demandeurs d'emploi en hausse de 189.100 pour 2014.

«Nous avons toujours considéré que 2014 était une année difficile. Quand vous avez une croissance zéro, une croissance très faible en France et sur la zone euro, quand cette croissance ralentit, y compris en Allemagne, il ne faut pas s'attendre à des miracles et à des résultats, même si nous faisons tout pour répondre aux inquiétudes des Français par rapport à l'emploi», a déclaré à la presse le Premier ministre.

(AFP)

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