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NeuchâtelNouveaux dérapages à l'Université

La Faculté des sciences économiques de Neuchâtel connaît de vives tensions. Le rectorat réagit enfin. Un audit plus large suivra.

par
Ludovic Rocchi
L'Université de Neuchâtel traverse de graves dissensions.

L'Université de Neuchâtel traverse de graves dissensions.

Sébastien Anex

Un rectorat élargi, des contrôles internes et externes renforcés, tout devait baigner à l'Université de Neuchâtel depuis la publication d'un sévère audit commandé l'année dernière par le ministre de l'Education, Philippe Gnaegi. Ces belles promesses n'ont pourtant pas évité le développement de nouveaux dérapages à l'Université.

Comme le révèle notre enquête, la Faculté des sciences économiques (800 étudiants) se transforme en champ de mines depuis de longs mois déjà. Selon des témoignages concordants recueillis dans et hors de l'Université, les départs et les transferts se multiplient au sein du corps intermédiaire des assistants. De même pour les conflits larvés entre professeurs.

Cette situation alarmante – et certainement les questions du «Matin» – a poussé la rectrice Martine Rahier et ses nouveaux adjoints à prendre une première mesure la semaine dernière. Dans une lettre datée du 10 septembre, le rectorat avertit ainsi la direction de la Faculté des sciences économiques de sa volonté de crever l'abcès en procédant à de larges auditions des professeurs et des assistants. Le courrier indique que le rectorat se soucie de «situations conflictuelles ou dysfonctionnements, qui semblent parfois atteindre des proportions inquiétantes, voire graves, au sein de la Faculté des sciences économiques».

L'heure semble donc plutôt grave, même si le rectorat a d'abord répondu à nos questions sur un ton rassurant, estimant qu'il est normal que des tensions surviennent dans le milieu académique. Et de rappeler que ladite faculté connaît des effectifs en hausse. «Il est temps que le rectorat ouvre les yeux et règle des problèmes qu'il connaît depuis longtemps», rétorque un membre de la faculté désirant garder l'anonymat.

Ministre pas au courant

Un institut et son directeur cristallisent en particulier les tensions. Ce dernier est notamment critiqué pour être peu présent et s'appuyer principalement sur une collaboratrice scientifique, elle-même fantomatique. Le malaise est tel qu'il se raconte au sein de la faculté que le duo développe des activités lucratives en dehors de l'Université. Des affaires en Turquie pour le directeur, d'autres en Espagne et en Pologne pour sa collaboratrice.

Difficile d'y voir clair, les deux intéressés n'ayant pas répondu à nos questions. Mais les soupçons d'abus ont paru suffisamment sérieux au rectorat pour qu'il décide, hier, de confier à un expert neutre une enquête administrative ciblée d'abord sur les mandats de la collaboratrice scientifique (lire l'encadré). Le conseiller d'Etat Philippe Gnaegi, lui, nous a avoué n'avoir jamais encore entendu parler de problèmes particuliers à la Faculté des sciences économiques.

Ouverture d'une enquête administrative

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