Amérique latine: Nouveaux heurts malgré le «pardon» du gouvernement colombien

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Amérique latineNouveaux heurts malgré le «pardon» du gouvernement colombien

Après la mort d’un homme lors de son arrestation, le président a promis d’enquêter sur les abus présumés des forces de l’ordre tout en condamnant les attaques contre la police.

La police intervient contre une manifestation dans une rue de Medellín. (11 septembre 2020)

La police intervient contre une manifestation dans une rue de Medellín. (11 septembre 2020)

AFP

Le gouvernement colombien a demandé «pardon» vendredi pour la bavure à l’origine de deux jours d’émeute contre les violences policières, qui ont fait treize morts. Malgré cette annonce, les affrontements ont repris à Bogotá.

Le ministre de la défense, Carlos Holmes Trujillo, a exprimé sa «douleur et son indignation» après la mort mercredi de Javier Ordoñez, un ingénieur de 43 ans dont l’arrestation brutale avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

Le président Iván Duque, qui a dit regretter «ces actes de vandalisme et de violence», a pour sa part promis d’enquêter sur les abus présumés des forces de l’ordre tout en condamnant les attaques contre la police.

Mais cela n’a pas suffi à calmer la colère des manifestants, qui ont répondu en soirée aux appels à manifester dans la capitale sous le slogan «Nous sommes massacrés». «Ce ‹pardon› n’est qu’un mensonge auquel nous ne croyons pas. Que vaut un ‹pardon’, quand on vous tire dans le dos», enrageait un enseignant de 26 ans, qui n’a pas souhaité révéler son identité par peur de représailles.

«Complications médicales»

Les manifestations ont jusqu’ici causé la mort de treize personnes, pour la plupart des jeunes de 17 à 27 ans tués par balles à Bogotá et ses environs. Les autorités ont également fait état de 209 civils et 194 policiers et militaires blessés.

La vidéo virale où Javier Ordoñez supplie les policiers d’arrêter de lui infliger les décharges de leurs pistolets à impulsions électriques a exacerbé la colère populaire contre la police, déjà au plus haut depuis l’épidémie de Covid-19.

Après son arrestation, Javier Ordoñez avait été emmené dans un commissariat où il a été victime de «complications médicales», a affirmé la police, avant de décéder peu après à l’hôpital. Selon la défense de sa famille, les policiers ont «massacré» ce père de deux enfants, en le rouant de coups. «J’ai des photographies […] c’est un homicide aggravé et un délit de torture, du moins un abus d’autorité», a déclaré l’avocat.

Le rapport d’autopsie n’a pas encore été rendu public. Selon le ministre de la défense, outre l’enquête pénale, une enquête interne a été diligentée «pour abus d’autorité et homicide présumé». Au total, sept policiers ont été suspendus.

(ATS/NXP)

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