Actualisé 25.05.2016 à 06:54

Crise de la detteNouvel accord sur la dette grecque

Les ministres des Finances de la zone euro se sont engagés mercredi à alléger à terme la dette grecque si certaines conditions sont réunies.

Image prétexte. Le ministre allemand des finances (g) Wolfgang Schaeuble serre la main du président de l'Europgroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, pendant la réunion de mardi 24 mai sur la dette grecque. (24 mai 2016)

Image prétexte. Le ministre allemand des finances (g) Wolfgang Schaeuble serre la main du président de l'Europgroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, pendant la réunion de mardi 24 mai sur la dette grecque. (24 mai 2016)

AFP

Après des pourparlers qui se sont achevés mercredi aux premières heures, les ministres ont donné leur aval au déblocage de 10,3 milliards d'euros (11,39 milliards de francs) de nouveaux fonds destinés à la Grèce. Une mesure qui récompense notamment les efforts budgétaires consentis par la coalition d'Alexis Tsipras. Une première tranche de 7,5 milliards d'euros sera allouée le mois prochain, une autre de 2,8 milliards ultérieurement.

Cet argent frais permettra à l'Etat grec de rembourser les factures impayées accumulées et faire face à une échéance de remboursement de quelque 2,2 milliards à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet.

Plus important encore, les ministres des Finances se sont mis d'accord sur le principe d'un allègement de la dette en 2018. Et ce dans le cas de figure où le pays en aurait besoin pour se conformer aux critères du plan de sauvetage.

«Nous sommes parvenus à une vraie avancée sur la Grèce, qui nous permet d'ouvrir un nouveau chapitre du programme d'assistance financière», a dit le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. «Cela va plus loin que ce que j'aurais cru possible il n'y pas si longtemps», a-t-il ajouté.

Autres plans

Les déboires financiers de la Grèce ont failli avoir raison de la zone euro il y a quelques années. Le pays a déjà bénéficié depuis 2010 de deux plans de sauvetage en échange de mesures censées réduire ses déficits et améliorer sa compétitivité.

L'accord est un «acte de confiance» envers la Grèce d'aujourd'hui, a déclaré Michel Sapin en sortant de la réunion. Le ministre français des Finances a précisé que l'accord était exhaustif et comprenait des mesures à court, moyen et long terme sur la dette.

«Je pense que nous avons des raisons d'être optimiste et de penser qu'il peut s'agir d'un nouveau départ, transformant le cercle vicieux grec de 'mesures de récession - récession' en une situation où les investisseurs ont la voie libre pour investir en Grèce», a dit le ministre des Finances grec, Euclide Tsakalotos.

Allègement nécessaire

Le FMI estime depuis longtemps qu'un allègement du fardeau de la dette grecque est indispensable pour permettre au pays de rendre ses finances publiques soutenables. Nous saluons le fait que tout le monde reconnaisse désormais maintenant que la dette grecque n'est pas viable», a affirmé Poul Thomsen

Berlin, premier créancier de la Grèce, avait été longtemps opposé à toute promesse d'allègement de la dette grecque, avant la fin du troisième programme d'aide, en 2018, ou plus particulièrement avant les législatives allemandes de 2017.

Mais l'Allemagne tenait également à ce que le FMI participe au programme. Elle estime en effet que le fonds, expérimenté dans les plans de sauvetage, est garant d'une certaine rigueur.

Mais flou

L'accord de mercredi n'offre toutefois pas d'allègement immédiat, et ne promet pas que les remboursements grecs seront réduits, mais il énonce un critère pour que la dette soit allégée : Athènes doit maintenir ses besoins de financement bruts en dessous de 15% du PIB à moyen terme, et à long terme en dessous de 20%.

Poul Thomsen, s'est dit persuadé que les décisions de mercredi «permettraient l'allègement nécessaire de la dette», tout en prévenant que l'adhésion de l'organisation nécessitait encore l'aval du conseil d'administration, qui siège à New York. L'ampleur de l'allègement reste flou, a-t-il poursuivi.

Il a aussi concédé que le Fonds avait fait des concessions importantes en acceptant que l'allègement soit décidé en 2018. Celui-ci pourra être effectué par diverses méthodes, y compris un allongement des échéances, mais pas par une réduction du montant nominal de la dette, ont indiqué des responsables de la zone euro.

Le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, de longue date sceptique quant à l'aide apportée à la Grèce, a résumé : «Cette nuit, c'était une naissance difficile. On peut difficilement faire mieux.»

(ats)

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