28.02.2016 à 16:48

CommerceNouvel élan pour les relations Suisse-Iran

Un plan en treize points a été conclu à l'occasion de la visite en Iran de Johann Schneider-Ammann.

Le voyage officiel en Iran a duré deux jours.

Le voyage officiel en Iran a duré deux jours.

Keystone

La dernière étape de la visite officielle de deux jours du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann en Iran avait valeur de symbole. A l'Université de Téhéran, le ministre de l'économie a prononcé dimanche matin un discours sur le modèle de réussite suisse devant une salle remplie d'étudiants en économie.

L'audience a réservé un tonnerre d'applaudissements à Johann Schneider-Ammann, même si ce dernier, en mettant en avant les facteurs de succès de la Suisse, a quelque peu égratigné le modèle économique iranien. Le ministre de l'économie a notamment vanté les mérites d'un Etat sobre, qui laisse respirer le secteur privé, et d'un contrôle rigoureux de la corruption.

A l'issue de ce discours, six accords de coopération entre hautes écoles et universités suisses et iraniennes ont été signés, en présence de plusieurs ministres iraniens. L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a annoncé samedi avoir signé des accords de collaboration avec deux universités de haut rang.

Interrogé sur place par l'ats, Johann Schneider-Ammann s'est réjoui d'une visite de fond, couronnée de succès. Il a notamment pu rencontrer les quatre plus importants dirigeants d'Iran.

Outre le président de la République islamique Hassan Rohani et le président du Parlement Ali Larijani, le Guide suprême de la Révolution Ali Khamenei et l'ancien président Akbar Hashemi Rafsandjani ont en effet consacré beaucoup de temps à leurs hôtes suisses.

Plan en treize points

Avec le plan en treize points conclu, les relations bilatérales ont gagné en qualité et en largeur, a souligné M. Schneider-Ammann. Ce dernier avait présenté cette feuille de route samedi, après une rencontre avec le président iranien.

En conséquence, les discussions politiques seront intensifiées à tous les niveaux. Cela inclut notamment, selon le document, un dialogue sur les questions liées aux droits de l'homme.

En outre, un accord commercial signé en 2005, mais jamais entré en vigueur, va maintenant être ratifié. L'Assurance suisse contre les risques à l'exportation (SERV) et l'organisation équivalente en Iran fourniront par ailleurs des garanties pour les transactions mutuelles et soutiendront financièrement la reprise de relations bancaires entre les deux pays.

Visite en Suisse prévue

La SERV examinera également si elle peut assurer des banques iraniennes. La Suisse entend en outre s'engager pour que l'Iran puisse rejoindre l'Organisation mondiale du commerce (OMC), même si une adhésion est soumise à conditions et dépend des Etats-membres. Johann Schneider-Ammann a par ailleurs invité le président Hassan Rohani en Suisse, ce qu'il a accepté.

Au total, une délégation de 40 personnes s'est rendue en Iran, majoritairement composée de représentants de l'économie et de la science. Ses membres, dont la liste n'a pas été révélée, ont pu nouer des contacts dans plusieurs ministères et pendant de nombreuses réunions, comme à la Chambre de commerce iranienne.

Avec la levée en grande partie des sanctions occidentales contre l'Iran, les espoirs ont germé au niveau mondial de pouvoir à nouveau réaliser des affaires fructueuses avec la République islamique. Le potentiel est en effet énorme.

Pour les entreprises suisses, des opportunités existent dans le domaine de l'eau potable et du traitement des eaux usées, a souligné le président de la Chambre de commerce Moshen Jalalpour. Les Iraniens seraient également intéressés par les produits du secteur chimie-pharma, comme l'a illustré une visite à l'hôpital Mahak, qui soigne des enfants atteints du cancer.

Pas une promenade de santé

Les paroles doivent naturellement maintenant être suivies d'actes concrets, tant dans la coopération économique que politique, a averti Johann Schneider-Ammann lors d'une conférence de presse à Téhéran.

La conquête du marché iranien ne sera pas facile pour les entreprises suisses. En effet, une solution doit rapidement être trouvée pour les financements et les transferts directs d'argent, encore difficiles, en raison de certaines sanctions américaines quin n'ont pas encore été levées.

Forte concurrence internationale

En outre, les Iraniens ne veulent pas devenir un simple débouché, mais souhaitent au contraire que les étrangers produisent et créent des places de travail dans le pays, en forte croissance démographique. La Suisse doit également compter sur une rude concurrence internationale.

Au cours des derniers mois, pas moins de 140 délégations étrangères se sont rendues en Iran pour des discussions exploratoires, selon l'ambassadeur de Suisse en Iran Giulio Haas.

Enfin, les Iraniens sont un peuple commercial ingénieux, souvent sous-estimé, soulignent des experts. Par conséquent, les entreprises suisses devront vraisemblablement calculer l'une ou l'autre réduction de prix.

(ats)

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