08.03.2016 à 07:05

ChocolatNouvel exercice record pour Lindt & Sprüngli

Affichant des ventes en hausse, le chocolatier zurichois a vu son bénéfice net bondir de 11,2% en 2015.

ARCHIVES, Keystone

Malgré un environnement de marché difficile et le franc fort, Lindt & Sprüngli a réalisé l'an passé un nouvel exercice record. Affichant des ventes en hausse, le chocolatier zurichois a vu son bénéfice net bondir de 11,2% au regard de 2014 à 381 millions de francs.

Le résultat d'exploitation avant intérêts et impôts (EBIT) s'est hissé à 518,8 millions de francs, 9,4% de plus qu'un an auparavant, a annoncé mardi le chocolatier établi à Kilchberg (ZH). En l'espace de douze mois, la marge correspondante est passée de 14 à 14,2%, malgré les coûts uniques d'intégration du confiseur américain Russell Stover et une charge liée à l'amortissement de l'écart d'acquisition (goodwill).

Comme annoncé à mi-janvier, les revenus ont aussi atteint un niveau record, progressant de 7,9% à 3,65 milliards de francs. Exprimée en devises locales, la croissance des ventes s'est inscrite à 13,5%, les effets de change ayant pesé à hauteur de 5,6 points de pourcentage.

Une fois de plus Lindt & Sprüngli est parvenu à croître plus rapidement que le marché, a relevé devant la presse réunie au siège du groupe, son directeur général et président du conseil d'administration, Ernst Tanner. Et pourtant, les défis n'ont pas manqué.

Contexte difficile

A l'image de nombre de sociétés helvétiques, le chocolatier a lui aussi ressenti les conséquences liées à l'abandon par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher liant franc et euro. De plus, les prix des matières, en premier lieu les fèves et le beurre de cacao, mais aussi les amandes et les noisettes, se sont maintenus à un haut niveau, a noté Ernst Tanner.

Lindt & Sprüngli a aussi subi les effets de la crise dans les pays émergents exportateurs de pétrole et un climat de consommation freiné par les craintes de déflation et de chômage dans les marchés développés. De plus, un été extrêmement chaud et un début d'hiver retardé ont eux pesé sur la consommation de chocolat en général.

Mais Lindt & Sprüngli a pu s'affirmer sur tous les marchés, en grignotant des parts supplémentaires. Les chiffres dévoilés mardi ont largement dépassé les prévisions des analystes. Sondés par l'agence awp, ces derniers tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 369,7 millions de francs et un EBIT de 515,9 millions.

Sur l'exercice sous revue, Lindt & Sprungli a notamment étoffé son réseau propre de magasins, avec l'ouverture de 50 nouvelles boutiques dans le monde - dont 16 uniquement au Brésil - portant leur total à 325. Employant quelque 1800 salariés, Retail Global, l'unité chapeautant cette activité, a vu ses ventes s'envoler de 20% à 378,5 millions de francs.

Godiva dans le viseur

Et l'offensive va se poursuivre, l'objectif étant d'ouvrir entre 20 et 30 magasins chaque année, a dit M. Tanner. Présent aux Etats-Unis et au Japon, surtout, le Belge Godiva, numéro un mondial des boutiques de chocolat premium, est désormais dans le viseur de l'homme fort du groupe zurichois depuis plus de 20 ans.

Générant plus de 10% des ventes, ce canal de vente porte non seulement le succès financier de Lindt & Sprüngli, mais contribue aussi à accroître la visibilité commerciale des marques phares «Lindor» ou «Excellence». Depuis 2009, 209 nouveaux points de vente ont vu le jour.

«Avant, nous étions relativement peu connus des grands distributeurs. Maintenant, ils viennent nous voir parce qu'ils savent que nous contribuons fortement aux ventes par mètre carré», a ajouté M. Tanner.

Les ventes ont aussi progressé en Europe, soit de 5,4% en devises locales. Si tous les pays ont contribué à cette croissance favorable, Lindt & Sprüngli met en exergue la performance réalisée en Grande-Bretagne, ainsi que celle de ses filiales allemande et française, les plus importantes du groupe sur le Vieux-Continent.

Repli en Suisse

En Suisse, les ventes se sont repliées, conséquence de la vigueur du franc, Lindt & Sprüngli exportant 80% de sa production. Mais le groupe veut, comme déjà annoncé, poursuivre ses investissements sur son seul site helvétique de Kilchberg.

En Amérique du Nord, premier marché mondial pour le chocolat, les ventes se sont envolées de près d'un quart ( 24,2%), à la faveur notamment de la première consolidation sur douze mois de Russel Stover, la plus importante acquisition de l'histoire du groupe. Lindt & Sprüngli a consolidé son 3e rang, derrière Hershey's et Mars.

L'intégration de Russel Stover se poursuit comme prévu, avec désormais une focalisation sur la rentabilité. Les activités non rentables du fabricant devenu célèbre avec le film «Forrest Gump» seront abandonnées, tout comme certaines promotions.

Optimiste quant à l'exercice en cours, Lindt & Sprüngli confirme son objectif de croissance organique à moyen et long terme entre 6 et 8%. L'EBIT devrait progresser entre 20 et 40 points de base.

(ats)

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