États-Unis: Une dernière exécution au soir de la présidence Trump
Actualisé

États-UnisUne dernière exécution au soir de la présidence Trump

Le président, défenseur de la peine de mort et son administration préparaient ce vendredi la dernière exécution avant l’arrivée de Joe Biden à la présidence.

Corey Johnson, un Afro-Américain de 52 ans, a reçu une injection létale dans le pénitencier fédéral de Terre-Haute dans l’Indiana.

Corey Johnson, un Afro-Américain de 52 ans, a reçu une injection létale dans le pénitencier fédéral de Terre-Haute dans l’Indiana.

AFP

Les autorités fédérales américaines préparaient vendredi leur 13ème et dernière exécution d’une série inédite, avant le transfert du pouvoir à Joe Biden, qui a fait campagne sur son opposition à la peine capitale.

Sauf si la justice lui accorde un sursis à la dernière minute, Dustin Higgs, un homme noir de 48 ans, recevra une injection létale dans le pénitencier fédéral de Terre-Haute dans l’Indiana.

Un soir de janvier 1996, il avait invité trois jeunes femmes dans son appartement, près de Washington, avec deux amis. L’une d’elles ayant refusé ses avances, il avait proposé de les reconduire chez elles, mais s’était à la place arrêté dans une réserve fédérale isolée. Selon le Ministère de la justice, il avait alors ordonné à l’un de ses amis d’abattre les trois femmes.

En 2000, il a été condamné à la peine de mort pour enlèvement et assassinat. L’auteur des coups de feu a, lui, écopé d’une peine de rétention à perpétuité. «C’est arbitraire et inéquitable de punir M. Higgs plus que le tueur», a estimé son avocat Shawn Nolan dans une demande de clémence adressée fin janvier à Donald Trump.

Dernier recours

Mais le président républicain, un fervent défenseur de la peine de mort, n’a pas donné suite. Au contraire, son administration s’est battue en justice pour pouvoir procéder à l’exécution avant qu’il ne quitte la Maison-Blanche, mercredi.

Un tribunal avait en effet ordonné son report, au motif que M. Higgs avait contracté le Covid-19 et que ses poumons endommagés risquent de souffrir cruellement au moment de l’injection de pentobarbital. Le Ministère de la justice a immédiatement fait appel, et obtenu gain de cause.

Un dernier recours, qui porte sur des questions de juridiction, reste pendant devant la Cour suprême, dont la majorité conservatrice a systématiquement donné son feu vert aux exécutions fédérales depuis l’été.

L’administration républicaine a en effet renoué en juillet avec une pratique suspendue depuis 17 ans, alors qu’au même moment les Etats reportaient toutes les exécutions pour éviter de propager le virus.

Tenter d’abolir la peine de mort

Depuis, douze Américains ont reçu des injections létales à Terre-Haute, dont, pour la première fois en près de 70 ans, une femme, exécutée mardi malgré les doutes sur sa santé mentale.

Le président élu Joe Biden, qui prêtera serment mercredi, est opposé à la peine de mort et a promis de travailler avec le Congrès pour tenter de l’abolir au niveau fédéral.

Des parlementaires démocrates ont introduit lundi une proposition de loi en ce sens. Leur parti ayant repris le contrôle du Sénat, elle pourrait être adoptée.

(AFP)

Votre opinion