Actualisé 02.05.2018 à 07:05

MaladieNouvelle menace due aux tiques!

L’Office fédéral de la santé publique annonce que la tularémie se propage partout en Suisse, avec des conséquences potentiellement graves.

par
Pascale Bieri
Un responsable de l’OFSP rappelle les précautions à prendre avant une promenade en forêt.

Un responsable de l’OFSP rappelle les précautions à prendre avant une promenade en forêt.

iStock

Les tiques, de plus en plus nombreuses, n’en finissent pas de nous pourrir la vie. Les cas de borréliose et de méningo-encéphalite, consécutifs à une morsure, ont explosé ces dernières années. Et, pour couronner le tout, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) vient d’annoncer qu’une autre maladie due à ces redoutables vampires est en train de se propager: la tularémie.

Le nombre de cas a plus que quadruplé en 2017 par rapport à ces dernières années, passant de 31 à 129. Et, selon certains observateurs, ça ne serait que la pointe de l’iceberg.

De plus, contrairement aux autres maladies dues aux tiques, la tularémie ne se transmet pas uniquement par le biais d’une morsure. Mais aussi par contact direct avec un animal infecté ou son cadavre, ainsi que par inhalation de poussière contaminée ou contact avec des déjections, de la terre ou de l’eau contaminée.

De l'ulcère à l'affection pulmonaire

Avec des conséquences diverses qui peuvent aller d’un petit ulcère avec des nodules, à l’affection pulmonaire. De quoi frémir. D’autant que, dans son dernier bulletin, l’OFSP évoque de potentielles «conséquences graves», voire «des risques que la bactérie soit utilisée comme arme biologique».

Explication de Daniel Koch, responsable de la division Maladies transmissibles: «Il existe différentes souches de bactéries provoquant la tularémie. Mais, contrairement à celle que l’on trouve aux États-Unis, la bactérie présente en Suisse n’engendre pas les symptômes les plus graves. La maladie se soigne parfaitement avec des antibiotiques. Par ailleurs, lors des cas non traités, le taux de mortalités est inférieur à 1%, alors qu’il est d’environ 10% aux États-Unis.»

Quant à le menace d’arme biologique, elle reste, elle aussi, lointaine. «On le souligne, car la Francisella tularensis est inscrite sur la liste des bactéries pouvant être utilisées comme telles, en les travaillant», poursuit Daniel Koch.

Meilleure dépistage

Cela étant, il y a bel et bien prolifération de la tularémie, comme des autres maladies dues aux tiques. Et si les raisons ne sont pas clairement définies, elles sont sans aucun doute consécutives à l’augmentation du nombre d’acariens. Mais aussi à un meilleur dépistage. «Il est important de sensibiliser les médecins à procéder à des tests, lors de soupçon d’une maladie due aux tiques», poursuit le spécialiste.

Mais peut-on continuer à aller se promener dans les bois? Ou le danger devient-il trop élevé? Aucune hésitation à avoir pour Daniel Koch. «Les avantages que l’on retire à aller s’oxygéner, ou faire du sport dans la nature, sont beaucoup plus élevés que les risques qu’on encourt. Il faut simplement prendre quelques précautions, comme se faire vacciner contre l’encéphalite à tiques dans les régions où elle est présente, s’habiller correctement quand on va en forêt et vérifier, en rentrant, si on n’a pas été piqué.»

Le cas échéant être attentif à d’éventuels symptômes qui pourraient suivre et consulter son médecin.

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