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SuisseNouvelle polémique sur les eaux en bouteilles

Seules trois eaux minérales, sur dix testées, ne contenaient aucun corps étranger. Deux étaient peu contaminées. Conclusion des médecins: l'eau du robinet est la meilleure à la consommation.

Nouvelle polémique sur les eaux en bouteille qui ne seraient pas aussi pures que cela.

Nouvelle polémique sur les eaux en bouteille qui ne seraient pas aussi pures que cela.

Photo d'illustration, AFP

Médecins en faveur de l'Environnement (MfE) et Pingwin Planet ont fait analyser dix bouteilles d'eau minérale de différentes marques et selon eux la moitié est contaminée ou fortement contaminée par des perturbateurs hormonaux, des substances neurotoxiques ou bioaccumulables. La branche réfute, l'OFSP ne voit aucun danger.

Seules trois bouteilles ne présentaient aucune contamination, de même que l'eau potable bernoise testée à titre de comparaison. Les sept autres marques contiendraient des perturbateurs hormonaux, des additifs parfumants ou encore des substances inconnues «qui n'ont pu être identifiées avec certitude», indiquent les deux organisations écologistes dans un communiqué publié jeudi.

Leur conclusion: «L'eau du robinet est celle que nous recommandons à la consommation. Elle est pure, et de surcroît la moins chère et la plus écologique de notre test».

La branche a aussitôt réagi: l'Association suisse des sources d'eaux minérales et de producteurs de «soft drinks» souligne qu'aucune des eaux analysées ne viole les dispositions légales. Les substances détectées se situent nettement en dessous des valeurs limite.

Parmi les producteurs mis en cause, Nestlé Waters Suisse a fait effectuer une contre-expertise auprès de laboratoires certifiés et indépendants sur la base d«échantillons du même lot. Les données obtenues «contredisent les principaux résultats présentés par MfE», selon son communiqué. Certaines molécules incriminées n'ont pas pu être détectées et d'autres «se situaient à un niveau de concentration plusieurs milliers de fois en dessous des réglementations en vigueur».

Précédente polémique

Une polémique avait déjà éclaté il y a quelques années au sujet des perturbateurs endocriniens dans l'eau minérale. En 2011, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) avait publié les résultats d'un examen de 31 eaux minérales les plus courantes en Suisse, arrivant à la conclusion qu'elles ne présentaient «aucun danger pour la santé» et que le contenant, verre ou PET, n'avait aucune influence sur l'activité oestrogénique du contenu. La gazéification non plus.

Les oestrogènes naturels existent dans les denrées alimentaires, par exemple le lait et les produits à base de soja, la bière et le vin, en concentrations nettement plus élevées, concluait l'OFSP.

Interrogé par l'ats, l'office estime en outre que dans le cas présent, les deux organisations écologistes ont confondu les valeurs applicables à l'eau potable et celles utilisées pour l'eau en bouteille. Les taux d'hydroxytoluène butylé (BHT) relevés dans un des échantillons ne dépassent pas les valeurs limite et sont sans danger. Du BHT se trouve dans pratiquement tous les emballages de l'industrie alimentaire, souligne l'OFSP.

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