Hong Kong - Nouvelles lois pour contrôler «la loyauté» envers Pékin
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Hong KongNouvelles lois pour contrôler «la loyauté» envers Pékin

La Chine serre encore la vis à Hong Kong: une loi vient d’être acceptée au Parlement pour pouvoir écarter de tout poste à responsabilité quiconque ne sera pas loyal envers Pékin.

Hong Kong voit son système électoral, déjà limité, encore davantage resserré par la Chine.

Hong Kong voit son système électoral, déjà limité, encore davantage resserré par la Chine.

AFP

Le Parlement sans opposition de Hong Kong a octroyé, mercredi, de nouveaux pouvoirs au gouvernement pro-Pékin, qui pourra limoger des titulaires de charges publiques ou interdire de se présenter aux élections des candidats jugés «déloyaux» à l’égard des autorités locales et de la Chine.

La loi qui acte ces nouvelles mesures s’inscrit dans les réformes de grande ampleur que Pékin veut imposer au système électoral, déjà limité, de Hong Kong.

Seuls les «ardents patriotes»…

Ces mesures vont réduire d’une manière spectaculaire le nombre de responsables directement élus au suffrage universel et réserver aux seuls «ardents patriotes» la possibilité de faire carrière en politique.

Quarante députés ont approuvé la nouvelle loi, avec une seule voix contre, le Parlement ne comptant plus de représentants de l’opposition depuis 2020. L’opposition militant pour la démocratie a démissionné en bloc en novembre, afin de protester contre l’éviction de quatre des siens.

Serment de loyauté «éternelle»

Aux termes de la nouvelle loi, tout détenteur d’une charge publique devra prêter un «serment de loyauté», auquel il devra rester fidèle tout au long de sa carrière. Cette obligation d’allégeance aux autorités concerne les principaux responsables du gouvernement, les membres du cabinet, les députés, les juges, ainsi que les plus de 470 membres des conseils de districts, seuls élus du territoire au suffrage universel direct.

A fin 2019, les candidats prodémocratie aux conseils de districts ont remporté les élections locales, une victoire marquant un clair désaveu de la mainmise de Pékin sur le territoire semi-autonome.

Liste «positive, liste «négative»

La loi confère aux autorités des pouvoirs étendus en matière de contrôle du degré de loyauté. Les opinions politiques des employés de la fonction publique seront comparées à une liste «positive» et «négative», pour se prémunir de tout acte susceptible de «mettre en danger la sécurité nationale».

En cas de doute sur leur loyauté, ils seront immédiatement suspendus par le secrétariat à la Justice et ne pourront alors pas se présenter à des élections pendant cinq ans. «Certaines personnes peuvent sembler sérieuses lorsqu’elles prêtent serment, mais peuvent commettre des actions illégales après», a déclaré, devant l’assemblée, Regine Ip, une députée pro-Pékin.

Les autorités prochinoises préparent une autre série de lois qui habiliteront un comité en charge – avec l’aide des services de renseignements de la police – d’évaluer si un candidat à une élection représente un risque pour la sécurité nationale.

(AFP)

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