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ColombieNouvelles manifestations contre la violence policière

La bavure policière d’il y a 11 jours ne passe toujours pas en Colombie. Des manifestations ponctuées de heurts avec la police ont eu lieu lundi dans plusieurs villes.

Des milliers de Colombiens ont de nouveau protesté lundi contre les violences policières et contre la politique du gouvernement, onze jours après les manifestations déclenchées par la mort d’un homme aux mains de la police.

Syndicalistes et étudiants ont pris la tête de rassemblements et de défilés qui ont abouti à des heurts avec les forces de sécurité dans le centre de Bogotá, principal théâtre de ces mouvements de protestation. Des manifestants ont lancé des pierres contre des policiers qui ont riposté avec du gaz lacrymogène et des grenades incapacitantes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des unités anti-émeutes sont intervenues pour contenir des actions «violentes» à Bogotá ainsi qu’à Medellín et à Pasto, respectivement dans le nord-ouest et le sud-ouest de la Colombie, a déclaré le chef de la police, le général Oscar Atehortua.

Manifestation à Medellín le 21 septembre 2020.

Manifestation à Medellín le 21 septembre 2020.

AFP

Arrestations

Au moins neuf personnes ont été arrêtées pour participation au saccage d’agences bancaires et d’équipements publics, selon le général Atehortua. La police a déclaré que 5600 personnes avaient participé à un total de 142 rassemblements, mais en fin de journée la participation paraissait sensiblement plus élevée.

Après une pause de onze jours, des étudiants portant des masques sont de nouveau descendus dans la rue pour exprimer leur colère contre la police. À la mi-septembre, Bogotá avait connu plusieurs jours de manifestations après la mort le 9 septembre d’un ingénieur de 43 ans, Javier Ordonez, décédé après avoir subi des violences de la part de deux policiers.

Une vidéo devenue virale montre comment Ordonez, alors qu’il était au sol, a reçu de multiples décharges de pistolet électrique et des coups qui, selon le parquet, sont les causes de sa mort. La justice a ordonné lundi la mise en détention préventive des deux policiers, qui sont inculpés de torture et d’homicide aggravé.

Enquêtes en cours

Lors des manifestations consécutives à la mort de Javier Ordonez, des membres des forces de sécurité avaient ouvert le feu, tuant 12 personnes. Des enquêtes sont en cours contre plusieurs dizaines d’entre eux. Il y avait également eu des milliers de blessés, parmi lesquels de nombreux membres des forces de sécurité, et plusieurs dizaines de postes de police avaient été détruits.

Lundi, les manifestants ont marché vers le centre de Bogotá avec des slogans contre les violences policières, contre une récente vague de massacres liés au conflit entre narcotrafiquants et autorités et contre la crise économique générée par la pandémie de coronavirus.

(AFP/NXP)

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