Crise de la dette: Nouvelles négociations pour Athènes et ses créanciers?

Publié

Crise de la detteNouvelles négociations pour Athènes et ses créanciers?

Une nouvelle réunion de haut niveau devrait avoir lieu vendredi soir entre le président de la Commission européenne, le premier ministre grec et le patron de la zone euro.

La Grèce doit donc au plus vite s'entendre avec ses partenaires pour obtenir le déblocage de 7,2 milliards d'euros restant à verser dans le cadre du second plan de sauvetage.

La Grèce doit donc au plus vite s'entendre avec ses partenaires pour obtenir le déblocage de 7,2 milliards d'euros restant à verser dans le cadre du second plan de sauvetage.

Archives/photo d'illustration, AFP

La Grèce et ses créanciers, après des négociations «sportives» sans résultat à Bruxelles mercredi soir, se préparent au prochain rendez-vous, sans doute ce vendredi 5 juin, jour d'un important remboursement dû par Athènes au FMI.

Une partie des députés de Syriza, parti du premier ministre grec, a réagi avec colère aux propositions du pays à ses créanciers.

Selon plusieurs sources bruxelloises, une nouvelle réunion de haut niveau devrait avoir lieu vendredi soir dans la capitale européenne entre Jean-Claude Juncker, Alexis Tsipras et Jeroen Dijsselbloem.

Les mêmes protagonistes ont discuté jusque tard dans la nuit de mercredi à jeudi lors d'une réunion décrite comme «longue et sportive» par Jean-Claude Juncker et jugée «très bonne» par le chef de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Aucun accord n'a été trouvé, mais la rencontre a permis de «mieux comprendre les positions des uns et des autres», a résumé le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas.

Les divergences ont été largement soulignées par le premier ministre grec mercredi soir à la sortie de la réunion. Dans le plan des créanciers, «il y a des points que personne ne peut considérer comme une base de discussion», a jugé M. Tsipras, pour un pays qui «a subi ces cinq dernières années un grand désastre économique».

Remboursement attendu

Alexis Tsipras a regagné Athènes jeudi où l'attend une échéance immédiate: le remboursement vendredi d'une tranche de prêts de 300 millions d'euros au FMI, premier versement d'un total de 1,6 milliard d'euros dus à l'institution d'ici fin juin.

Une source proche de la gestion de la dette grecque a indiqué que les fonds étaient disponibles pour honorer ce paiement, mais que le versement effectif était une question politique.

Alexis Tsipras a laissé entendre à Bruxelles que le remboursement serait fait. Sur le strict plan financier, le versement suivant au FMI, le 12 juin (340 millions d'euros), sera en revanche très difficile et les deux derniers du 16 et du 19 juin (567 et 340 millions) impossibles à prévoir, selon la même source.

Athènes espère 7,2 milliards

La Grèce doit donc au plus vite s'entendre avec ses partenaires pour obtenir le déblocage de 7,2 milliards d'euros restant à verser dans le cadre du second plan de sauvetage. Ce montant est suspendu depuis neuf mois aux négociations des dirigeants grecs avec leurs bailleurs de fonds.

Dans les discussions en cours, Alexis Tsipras a cité comme point positif «la proposition d'un excédent (primaire) plus faible» que l'objectif prévu.

Mais des demandes «comme couper dans les retraites les plus basses ou augmenter la TVA sur l'électricité ne peuvent être des bases de discussions», a-t-il ajouté, estimant que l'offre grecque, un plan de réformes de 46 pages, «reste la seule proposition réaliste sur la table».

Syriza divisée

Les propositions des créanciers «ne peuvent constituer la base d'un accord», a renchéri sur la chaîne TV Skaï le secrétaire général du Syriza, parti de la gauche radicale au pouvoir. Tassos Koronakis reflétait l'opinion d'une partie des députés du mouvement.

Cette réaction fait craindre à certains une révolte au sein du parti, qui pourrait conduire Alexis Tsipras à convoquer des élections anticipées pour tenter de surmonter les divisions et faire accepter un compromis avec Bruxelles et le FMI.

La volonté politique d'aboutir à un compromis, déjà manifeste dans l'impulsion donnée ces derniers jours par la France et l'Allemagne, pourrait être la clef d'un dénouement. Le président de l'exécutif européen Jean-Claude Juncker est en «contact permanent avec tous les acteurs du dossier au plus haut niveau politique», a assuré la Commission.

Bourse dans le rouge

Après une chute de plus de 3% à l'ouverture, la Bourse d'Athènes continuait d'évoluer dans le rouge jeudi après-midi (-2,42%). Le taux de chômage du pays est de son côté resté stable en mars, le chiffre de février ayant été révisé en hausse à 25,6%, selon les données publiées jeudi par l'institut national de la statistique.

(ats)

Ton opinion