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VienneNouvelles négociations sur le nucléaire iranien

Après trois mois de réunions préparatoires, l'Iran et les grandes puissances ont trois jours pour démontrer qu'un accord définitif est possible avant la date limite du 20 juillet.

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L'Iran a commencé le travail de démantèlement de ses centrifugeuses nucléaires. A l'image: le site de Natanz. (Lundi 2 novembre 2015)

L'Iran a commencé le travail de démantèlement de ses centrifugeuses nucléaires. A l'image: le site de Natanz. (Lundi 2 novembre 2015)

Keystone
Le parlement iranien approuve l'accord sur le nucléaire trouvé avec les grandes puissances occidentales (mardi 13 octobre 2015).

Le parlement iranien approuve l'accord sur le nucléaire trouvé avec les grandes puissances occidentales (mardi 13 octobre 2015).

AFP
Le marathon des négociations s'est soldé par un accord historique à Vienne, en Autriche. (Mardi 14 juillet 2015)

Le marathon des négociations s'est soldé par un accord historique à Vienne, en Autriche. (Mardi 14 juillet 2015)

Georg Hochmuth, Keystone

Le programme nucléaire iranien est au coeur de nouvelles négociations depuis mardi à Vienne.

La République islamique et les «5 1» (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) ont entamé leurs pourpalers en milieu de matinée. L'objectif est que l'Iran rassure durablement le reste du monde sur le caractère exclusivement pacifique de son programme atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent son économie.

Mais Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, a prévenu à son arrivée que «la préparation du texte de l'accord demandera beaucoup d'efforts». En écho, une haute responsable américaine a évoqué un processus «très, très difficile».

Réacteur d'Arak

Mohammad Javad Zarif et Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie européenne, qui négocie au nom des «5 1», conduiront personnellement la majorité des réunions jusqu'à vendredi. Leur dialogue a déjà permis d'aplanir plusieurs différends, dont celui portant sur le réacteur à eau lourde d'Arak, actuellement en construction.

Cet équipement est situé à 240 kilomètres au sud-ouest de Téhéran. Il pourrait en théorie fournir à l'Iran du plutonium susceptible d'offrir une alternative pour la fabrication d'une bombe atomique.

L'Iran affirme que le réacteur ne sert qu'à la recherche, notamment médicale. Mais face au scepticisme des grandes puissances, le pays a proposé de modifier la conception du réacteur, en vue de limiter le plutonium qui sera produit.

Engagements respectés

Les experts techniques de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) constatent que Téhéran respecte à la lettre ses engagements pris l'automne dernier, lors d'une conférence à Genève. Celle-ci avait mis fin à une décennie de face-à-face, et avait permis de lancer les discussions actuelles.

Le 17 avril, l'agence spécialisée de l'ONU évaluait que l'Iran avait réduit son stock d'uranium enrichi de 75% à 20%. La capacité d'enrichissement d'uranium que conservera l'Iran après une éventuelle entente est l'un des sujets les plus délicats encore en discussion.

Centrifugeuses rapides

Les parties vont notamment compter le nombre de centrifugeuses rapides de nouvelle génération dont le pays pourrait disposer. C'est cet élément qui, plus que d'autres, détermine le temps qu'il faudrait à l'Iran pour accumuler assez de matériau nucléaire en vue de confectionner une bombe.

Les grandes puissances sont également préoccupées par les travaux de Téhéran sur les missiles balistiques, qui pourraient être capables d'emporter des charges nucléaires. L'Iran, par la voix de Mohammad Javad Zarif, a souligné mardi que tout accord devra prévoir «la levée de l'intégralité des sanctions».

Les négociateurs prévoient trois autres sessions de négociation, après celle de cette semaine, d'ici la date butoir du 20 juillet. Les discussions pourraient toutefois être prolongées d'un commun accord.

(ats/afp)

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