Tennis - «Novak Djokovic est quelqu’un d’incroyable»
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Tennis«Novak Djokovic est quelqu’un d’incroyable»

Les mots réconfortants de Djokovic, la «première fois» de Shapovalov, et la fin de parcours du Suisse Jérôme Kym chez les juniors sont à l’affiche de ce dernier «London Calling».

par
Mathieu Aeschmann
Jérémy Santallo
Yannick Michel

La classe de «Djoko»

À Roland-Garros, les détours de Novak Djokovic par les vestiaires ont fait grincer quelques dents. Celui que le Serbe s’accorda, vendredi juste après sa victoire contre Denis Shapovalov, devrait au contraire lui valoir une tonne de louanges. Déjà très admiratif de la performance du Canadien devant le micro du Centre Court – «Il a servi pour le premier set, il m’a largement dominé dans le deuxième. De grandes choses l’attendent» –, le No 1 mondial est allé faire passer son message en tête à tête, avant même de passer sous la douche.

«Il est venu dans le vestiaire et m’a dit qu’il savait à quel point c’était dur pour moi, expliqua «Shapo». Il m’a dit que tout allait finir par arriver. C’est quelqu’un d’incroyable. Il n’était vraiment pas obligé de venir me parler, cela veut dire beaucoup pour moi. Ses mots m’ont fait du bien.» Et lorsqu’un collègue journaliste demanda à Denis Shapovalov s’il pouvait s’imaginer avoir un jour Novak Djokovic comme mentor (ils ont 12 ans d’écart), le Canadien éclata de rire. «J’adorerais l’avoir comme mentor, cela voudrait dire qu’il ne joue plus.»

Berrettini, comme Tsitsipas?

À la force de son poignet – et de son immense service qui passera un sacré test dimanche face au meilleur relanceur du monde –, Matteo Berrettini s’est qualifié vendredi pour la finale de Wimbledon, sa première en Grand Chelem, à 25 ans. Jamais un Italien n’avait été aussi loin à Church Road. «C’est une réelle joie. Mais je serai tout aussi heureux si je n’étais pas le premier, rigola le lauréat du Queen’s. Je pense que je mérite d’être là. Je veux apprécier ma première finale et prendre du plaisir comme j’en aie pris aujourd’hui. Peu importe qui allait gagner entre moi et Hubert (Hurkacz), je profitais du moment.»

En écoutant l’Italien, des étoiles plein les yeux, raconter son bonheur sur le Centre Court, on a tout de suite repensé à Stefanos Tsitsipas. Le Grec, qualifié pour sa première finale majeure à Roland-Garros, avait donné l’impression d’être le champion de la Porte d’Auteuil avant sa finale contre Djokovic. Personne n’a oublié qu’il est tombé de haut – il menait 2 sets 0 – deux jours plus tard. Mais Berrettini semble conscient du danger qui le guette. «Je n’ai jamais pensé que je pourrais le faire parce que c’est ma façon d’être, a-t-il ajouté. Je fais chaque pas prudemment. C’était sûrement la meilleure chose à faire. Mais le travail n’est pas terminé. Je veux décrocher le trophée, maintenant que je suis arrivé là.»

La sensation de «Shapo»

Détruit. C’est le premier mot qui vient à l’esprit lorsque l’on regarde Denis Shapovalov, les yeux humides, sortir du Centre Court. Si le Canadien s’est retrouvé dans cet état-là, c’est bien sûr à cause de sa défaite, mais aussi parce qu’il a réalisé, en plein pendant sa demi-finale, qu’il avait les moyens de faire chuter l’indétrônable «Nole». «Ce qui fait aussi mal, c’est que je sentais que je pouvais le faire puis me battre pour le trophée. C’est une sensation que je n’avais jamais connue. J’ai bien senti que je dominais Novak à plusieurs moments. Et si tu le domines lui, tu peux battre n’importe qui.»

Comme un très grand nombre de joueurs avant lui, Denis Shapovalov s’est heurté à un «Djoker» impitoyable dans les moments-clés de la rencontre. Que ce soit à 30A ou sur des balles de break. «C’est quelque chose qui vient avec l’expérience, je ne suis pas né avec, a raconté le Serbe. Plus tu joues des matches où tu te retrouves dans ce genre de situations, plus tu es à l’aise et confiant. Et la prochaine fois, cette expérience m’aidera aussi, sachant que j’ai traversé tout ce qu’il est possible de traverser pour un joueur de tennis. Je sais de quoi je suis capable, je connais mes forces. Et je compte dessus.» Implacable.

Kym touché et battu

Jérôme Kym a dit adieu à son rêve vendredi soir en quarts de finale de Wimbledon juniors. L’Argovien s’est incliné au bout d’un immense combat face à la tête de série No 1 du tournoi, Juncheng Shang. Cette partie, disputée devant un large public sur le court No 1, s’est terminée de manière dramatique puisque le jeune Suisse, victime de crampes à la cuisse, a fini par céder, en larmes, face à la régularité du Chinois (6-3, 6-7, 4-6).

Il faut dire que cette journée de vendredi ressemblait à un marathon pour les rescapés du tournoi juniors. Ceux-ci ont en effet disputé leur troisième tour en fin de matinée avant d’enchaîner par les quarts de finale. Malgré sa victoire assez facile face à l’Américain Colak (7-6, 6-4), le géant du Sporting Berne avait donc déjà puisé dans ses ressources. Ont-elles été un peu plus entamées lorsqu’il glissa dès le premier point de son deuxième match et se fit ausculter par le physio? Peut-être. Toujours est-il que Jérôme Kym se souviendra longtemps de ce troisième set épique, au bout duquel son corps lâcha et le public du court No 1 lui réserva une très belle ovation.

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