Tennis - Novak Djokovic tâtonne puis déroule
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TennisNovak Djokovic tâtonne puis déroule

Le No 1 mondial a cherché son rythme durant un set face à un bon Casper Ruud. La suite fut impeccable (7-6, 6-2).

par
Mathieu Aeschmann
Qui va pouvoir empêcher Novak Djokovic d’aller en demi-finale?

Qui va pouvoir empêcher Novak Djokovic d’aller en demi-finale?

AFP

Depuis 2007 et sa défaite de bizuth face à David Ferrer, Novak Djokovic n’a plus perdu son premier match dans un Masters. Douze entrées en matière, douze avertissements lancés à la cantonade: le dernier datant de ce lundi après-midi face à un Casper Ruud rafraîchissant mais pas assez complet pour vraiment bousculer le No 1 mondial (7-6, 6-2).

Invité surprise parmi «les Maîtres», le Norvégien a pourtant fait mieux que tenir son rang. En plus d’étaler toute la palette de son superbe coup droit, il s’est aventuré au filet, n’a pas hésité à glisser des petits slices vénéneux pour sortir «Djoko» de sa zone de confort. Le champion de Genève et de Gstaad basculait même avec un mini-break d’avance dans le tie-break de la première manche (3-2). Moment choisi par le Serbe pour serrer le jeu, remporter cinq des six points suivants et remettre le petit nouveau à sa place.

Ses propres réglages

Au final, Novak Djokovic a donc livré une entrée en matière fidèle à ses standards des grands tournois. Au début, il cherche, tâtonne un peu, entièrement concentré sur ses propres réglages (aujourd’hui l’adhérence de ses chaussures et sa première balle de service). Mais sitôt que le tableau d’affichage lui impose un supplément de sérieux, «Nole» se regroupe et redevient ce monstre de gestion des risques qui assomme l’adversité.

En attendant le duel de la soirée entre Rublev et Tsitsipas, Novak Djokovic peut donc continuer à gérer sa montée en puissance. Rien ni personne ne semble pouvoir l’empêcher de rejoindre les demi-finales samedi.

«Un record incroyable»

Depuis 2011, Novak Djokovic a terminé sept saisons au sommet du tennis mondial: sept sur onze, cela dit tout de son hégémonie.

La journée de lundi du No 1 mondial se sera déroulée au confluent de ces deux statistiques. Un match faussement compliqué pour rappeler que le Serbe a toujours de la marge, même entre «maîtres». Puis cette cérémonie et son immense trophée, reçu des mains du boss de l’ATP Andrea Gaudenzi, afin de donner une dimension historique à une entrée en matière presque banale.

Avec le trophée de No 1 mondial.

Avec le trophée de No 1 mondial.

AFP

«Terminer pour la septième fois l’année No 1 mondial, c’est un record incroyable, reconnaissait «Nole» après les flonflons. Surtout que je dépasse Pete Sampras, qui était le héros de mon enfance. Cela dit, j’ai l’impression de ne pas être en mesure de vraiment apprécier l’exploit.» Pourquoi? Tout simplement parce que Novak Djokovic vit dans le présent d’un Masters qu’il veut gagner. «D’ailleurs heureusement que la première balle de Casper à 3-2 pour lui dans le tie-break n’a pas accroché la ligne. Sinon, le match aurait pu mal tourner pour moi.»

Même rendu immortel par un nouveau record, Novak Djokovic refuse de se retourner. À Turin, le No 1 mondial est en conquête. Il veut briser la spirale de confiance accumulée par Daniil Medvedev à New York et égaler Roger Federer au nombre de titres au Masters. Une ambition également tournée vers la saison prochaine. «Mes jambes et mon esprit ont encore quelques années, je ne me fixe pas de limite. J’aime la compétition, ce qui me semble être l’ingrédient essentiel pour durer.» L’ingrédient qui fige les grands champions dans l’instant. Peu importent les records.

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