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PharmaNovartis supprime 1960 emplois aux Etats-Unis

Après avoir annoncé la suppression de 2000 emplois dans le monde en octobre dernier, le groupe pharmaceutique bâlois prend des mesures aux USA après l'expiration du brevet du médicament Diovan.

Photo d'illustration.

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Keystone

Confronté à l'expiration du brevet protégeant le médicament contre l'hypertension Diovan aux Etats-Unis, Novartis étend ses mesures de restructuration. Le groupe pharmaceutique bâlois supprime 1960 emplois aux Etats-Unis, après avoir annoncé en octobre vouloir biffer 2000 postes dans le monde.

La mesure concerne pour l'essentiel les représentants commerciaux, avec la suppression à compter du 2e trimestre de cette année de 1630 emplois dans ce secteur, a précisé vendredi Novartis. Le laboratoire établi à Bâle va également biffer 330 postes dans le cadre du réalignement des fonctions administratives à son siège américain.

Après avoir échu en fin d'année passée en Europe, le brevet protégeant le Diovan devrait expirer en septembre prochain aux Etats- Unis. Ce «blockbuster» a dégagé au cours des neuf premiers mois de 2011 un chiffre d'affaires de 4,34 milliards de dollars (4,1 milliards de francs) et de plus de 6 milliards de dollars sur l'ensemble de 2010.

L'industrie pharmaceutique fait actuellement face à un contexte difficile, confrontée à la volonté croissante des gouvernements de maîtriser les coûts de la santé et à une pression sur la demande consécutive à l'évolution générale de l'économie. De plus, les plus grands groupes mondiaux doivent compter avec une période sans précédent d'expiration de brevets.

Expiration de brevets

Selon une étude de Fitch Ratings dévoilée en décembre, quatre des dix principaux médicaments représentant un chiffre d'affaires supérieur à 50 milliards de dollars perdront la protection de leur brevet cette année. L'agence de notation a estimé que les groupes le plus touchés devraient être les américains Eli Lilly, Bristol-Myers Squibb et Pfizer.

Novartis motive également cette nouvelle coupe par l'impact de l'arrêt d'une étude clinique de phase III des anti-hypertenseurs successeurs du Diovan, vendus sous le nom de Tekturana aux Etats- Unis et de Rasilez dans le reste du monde. En conséquence, le laboratoire a revu le potentiel de vente de son portefeuille et en particulier celui de ces médicaments.

A la lumière de ce réexamen, Novartis a décidé de passer une charge unique de 900 millions de dollars au 4e trimestre 2011. Celle- ci comprend des amortissements sur des actifs immatériels, des installations de production et des stocks ainsi que les frais consécutifs à l'arrêt de l'étude.

Les résultats du 4e trimestre comprendront en outre une charge exceptionnelle supplémentaire de 160 millions de dollars, liée à la fin des programmes de développement concernant l'anticoagulant Elinogrel, un concurrent potentiel du Plavix du français Sanofi, et l'Oral Calcitonin pour le traitement de maladies osseuses.

Économies annuelles de 450 millions

La restructuration devrait entraîner une charge de 160 millions de dollars, qui sera pour sa part inscrite dans les comptes du 1er trimestre 2012. Avec ce nouveau redimensionnement, Novartis escompte réaliser des économies annuelles de 450 millions de dollars à compter de l'an prochain.

Cité dans le communiqué, le directeur la division des produits pharmaceutiques, David Epstein, a reconnu que les deux prochaines années ne manqueront pas de défis pour le secteur. «Décisions difficiles, mais nécessaires», ces changements doivent permettre à Novartis de recentrer son portefeuille de produits sur les meilleures opportunités et d'aligner sa position à l'évolution du marché.

Pour mémoire, Novartis qui emploie au total quelque 121'000 collaborateurs dans le monde, dont près de 12'500 en Suisse, a annoncé en octobre une réduction d'effectifs de 2000 emplois sur trois ans. La mesure devrait permettre de réaliser des économies annuelles de plus de 200 millions de dollars.

En Suisse, le groupe rhénan prévoit de fermer le site de Prangins (VD), non loin de Nyon, avec la perte de 320 postes et une usine chimique à Bâle, représentant une coupe de 760 emplois. La multinationale a prévu de créer quelque 700 postes de travail dans des «pays à bas coûts».

Novartis a reçu mi-décembre les propositions des représentants du personnel des deux sites helvétiques concernés par la restructuration. Sa décision définitive devrait tomber en ce début d'année. Le groupe doit présenter ses résultats annuels 2011 le 25 janvier.

(ats/afp)

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