Actualisé 07.07.2015 à 19:44

NégociationsNucléaire iranien: l'«ultime prolongation»

Les négociations en vue d'un accord sur le nucléaire iranien sont prolongées d'encore «quelques jours», ont annoncé les participants.

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a réitéré les points de tension encore non-réglés.

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a réitéré les points de tension encore non-réglés.

L'Iran et les grandes puissances ont annoncé mardi 7 juillet prolonger une nouvelle fois de «quelques jours» leurs négociations en vue d'un accord sur le nucléaire iranien. Plusieurs points délicats, dont l'embargo sur les armes vers l'Iran, restent en suspens après onze jours de marathon diplomatique à Vienne.

«Nous continuons les discussions au cours des prochains jours», a dit la cheffe de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini quelques heures avant l'expiration du délai que s'étaient fixé les parties, mardi soir.

Progrès «substantiels»

«C'est difficile, mais nous savons tous que nous avons une très importante responsabilité que nous ne devons pas gâcher», a ajouté Federica Mogherini. Elle a souligné que les parties souhaitaient «utiliser au maximum» la «fenêtre» d'opportunité viennoise pour clore le dossier. La porte-parole de la diplomatie américaine a elle indiqué que des progrès «substantiels» avaient été enregistrés.

Parallèlement, selon elle, l'accord intérimaire, servant de cadre légal aux négociations depuis novembre 2013, et qui expirait mardi soir, devait être prolongé jusqu'à vendredi «10 juillet». Téhéran «n'a pas de date butoir», a de son côté dit un responsable iranien.

«On vient de procéder à une ultime prolongation. On voit mal pourquoi et comment nous irions au-delà : ou ça marche dans les 48h, ou pas», a estimé une source occidentale proche des négociations.

Armes et économie

L'interminable négociation sur le nucléaire iranien, entamée il y a des années mais réellement lancée en novembre 2013, est censée aboutir à un accord historique garantissant que Téhéran ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique. En échange, l'Iran doit obtenir une levée des sanctions contre son économie.

Après onze jours de négociations acharnées entre l'Iran et le P5 1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) à Vienne, les tractations butent toujours sur des questions «décisives».

L'embargo sur les armes reste un problème

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a confié mardi que la levée de l'embargo sur les armes frappant l'Iran restait un «problème majeur» dans la négociation. Un diplomate iranien a confirmé que ce point «fait partie des points importants non résolus».

L'Iran souhaite une levée de cet embargo, adopté par le Conseil de sécurité de l'ONU en 2010, dans le cadre des sanctions prises contre l'Iran depuis 2006. Une hypothèse toutefois rejetée par les Occidentaux compte tenu du contexte régional au Proche et Moyen-Orient.

Ces restrictions seront maintenues dans le cas d'un accord sur le programme nucléaire iranien, a dit mardi un officiel américain. «Les pays du 5 1 doivent changer d'approches sur les sanctions s'ils veulent un accord», a déclaré l'un des négociateurs iraniens, Abbas Araghchi, à la télévision d'Etat.

Divisés sur 8 à 9 questions

M. Lavrov a lui évoqué mardi un total de «huit ou neuf» questions toujours en suspens dans les pourparlers.

Un autre point de blocage concerne la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien (PMD) au moins jusqu'en 2003, sur laquelle l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) veut faire toute la lumière.

Téhéran, qui a toujours démenti avoir voulu se constituer un arsenal nucléaire militaire, a toutefois affirmé mardi que l'Iran et l'AIEA avaient fait «un grand pas» sur ce dossier. L'Iran s'est exprimé au lendemain de la visite d'une délégation de l'agence atomique. Dans un communiqué, l'AIEA a aussi estimé que de nouveaux progrès avaient été enregistrés.

La République islamique a toujours nié avoir poursuivi ou poursuivre des objectifs nucléaires militaires. Mais Téhéran revendique son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète, y compris l'enrichissement d'uranium.

Israël et les monarchies mécontents

Selon le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, la question de la PMD n'est toujours pas réglée, tout comme «la question des sanctions» et la «limitation de la production nucléaire iranienne». Un diplomate iranien, cité par l'agence de presse ISNA, a lui également cité trois points de blocage, «sur les sanctions, les résolutions des Nations unies et le travail nucléaire».

Un échec de la négociation ruinerait près de deux ans d'efforts destinés à apurer un contentieux qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

Les puissances régionales - Israël et les monarchies sunnites - sont toutefois opposées à un compromis avec l'Iran. Elles dénoncent par ailleurs l'influence de la République islamique sur les terrains de conflits régionaux: Irak, Syrie, Liban, Yémen.

(AFP)

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