Genève: Nucléaire iranien: le MPC ouvre une procédure pénale
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GenèveNucléaire iranien: le MPC ouvre une procédure pénale

Le MPC a ouvert une procédure pénale contre inconnu. Il soupçonne une activité interdite d'un service de renseignement lors des entretiens sur le nucléaire iranien à Genève.

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cht
L'ouverture d'une procédure pénale en Suisse intervient au lendemain de révélations d'une société de sécurité informatique basée en Russie.

L'ouverture d'une procédure pénale en Suisse intervient au lendemain de révélations d'une société de sécurité informatique basée en Russie.

Keystone

Les entretiens sur le programme nucléaire iranien qui se sont tenus à Genève pourraient avoir été espionnés. Le Ministère public de la Confédération a ouvert une procédure pénale contre inconnu. Il soupçonne une activité interdite d'un service de renseignement.

André Marty, porte-parole du Ministère public de la Confédération (MPC), a confirmé jeudi à l'ats une information de la radio SRF. Le Conseil fédéral a donné son feu vert au MPC le 6 mai. Des informations du Service de renseignement de la Confédération (SRC) sont à l'origine de cette initiative.

Perquisition le 12 mai

Une perquisition a eu lieu le 12 mai à Genève dans le cadre de cette procédure. Du matériel informatique a été saisi, a précisé M. Marty. «Le but de cette perquisition était d'une part de mettre à l'abri des informations et d'autre part de constater si des systèmes informatiques ont pu être infectés par des virus», a-t-il expliqué.

On ignore pour l'heure qui se cache derrière cet espionnage informatique présumé. Le MPC ne donne aucune autre information. Les entretiens s'étaient déroulés en présence des ministres des affaires étrangères des Etats-Unis, de la France, de la Chine, de la Russie et de l'Allemagne.

Un laboratoire en Russie a dévoilé l'affaire

L'ouverture d'une procédure pénale en Suisse intervient au lendemain de révélations d'une société de sécurité informatique basée en Russie. Selon elle, cette surveillance aurait été menée en 2014 et 2015.

Kaspersky Lab a identifié le virus baptisé Duqu. Il s'agit un logiciel d'espionnage sophistiqué similaire au virus Stuxnet, considéré par nombre d'observateurs comme venant d'Israël. Les experts pensaient ce virus éradiqué depuis 2012.

«Notre analyse technique indique que ces nouvelles attaques incluent une version mise à jour du virus Duqu de 2011, que l'on considère parfois comme 'un beau-frère' de Stuxnet», indique Kaspersky.

Stuxnet était un virus développé par les Etats-Unis ou Israël en 2007, ou même avant. Il avait attaqué à l'automne 2010 le programme nucléaire iranien, en particulier ses centrifugeuses, pour tenter de ralentir les efforts de Téhéran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique.

Très difficile à détecter

Les spécialistes de Kaspersky ont souligné que le nouveau Duqu était très difficile à détecter car il ne change aucun des réglages des ordinateurs et des réseaux informatiques auxquels il s'attaque. Kaspersky a dans un premier temps repéré ce virus espion dans ses propres ordinateurs, avant d'identifier d'autres victimes dans les pays occidentaux, du Moyen-Orient ou d'Asie.

«De manière assez notable, beaucoup de nouvelles infections en 2014-2015 sont liées aux réunions des pays du groupe 5 1 relatives aux négociations avec l'Iran concernant son programme nucléaire», note encore Kaspersky.

L'Iran et les pays du 5 1 (USA, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Allemagne) ont conclu un accord-cadre le 2 avril. Ils sont engagés depuis plus de 20 mois dans des négociations en vue de résoudre le dossier nucléaire de Téhéran et doivent achever la rédaction de l'accord final d'ici fin juin.

Le Wall Street Journal, qui a le premier rapporté cette découverte, a estimé que les conclusions de Kaspersky confirmaient ses affirmations précédentes selon lesquelles Israël avait espionné les négociations sur le nucléaire iranien.

(ats)

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