Football: Numa Lavanchy, au bon endroit au bon moment
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FootballNuma Lavanchy, au bon endroit au bon moment

Le Vaudois du FC Lugano revient sur ses douze derniers mois mouvementés avant d'affronter Xamax, samedi soir.

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Sport-Center
En cas de victoire à la Maladière samedi, Lugano et Numa Lavanchy (à droite) prendraient dix longueurs d'avance sur Neuchâtel Xamax.

En cas de victoire à la Maladière samedi, Lugano et Numa Lavanchy (à droite) prendraient dix longueurs d'avance sur Neuchâtel Xamax.

Keystone

C'est ce qu'on appelle un pari gagnant. Lorsque Numa Lavanchy a quitté Grasshopper pour Lugano, lors de la dernière trêve hivernale, les deux équipes n'étaient séparées que par deux petits points. Six mois plus tard, les Tessinois s'arrachaient pour aller chercher leur qualification en Europa League, pendant qu'un GC au fond du trou culbutait en Challenge League. «Je crois que dans ces cas-là, on peut parler de grand écart, sourit le Vaudois, qui ne prétend pas avoir vu le coup venir. J'étais loin de m'imaginer qu'on suivrait des chemins à ce point opposés. Si je suis parti, c'est simplement que j'entrais de moins en moins dans les plans de GC.» Cette décision restera probablement comme l'un des meilleurs choix de sa carrière.

Écrire que l'ancien junior du FC Vignoble vit un conte de fée au Cornaredo serait toutefois un peu prématuré. Lugano n'est pas parvenu à remporter l'un de ses cinq premiers matches sur la scène européenne (deux nuls, trois défaites par un but d'écart) et son début de saison en Super League était à ranger quelque part entre les cases contrasté, frustrant et inquiétant. Des résultats qui ont d'ailleurs conduit à l'éviction de Fabio Celestini sur le banc, fin octobre. «La situation était assez difficile à vivre, parce qu'on produisait un jeu vraiment intéressant, mais que les résultats ne tombaient pas, lance Numa Lavanchy. Tout le monde nous disait qu'on méritait mieux, nos fans en premier, sauf que ça ne voulait pas. Pareil en Europa League. Franchement, Malmö à domicile, on devait gagner. Je garde cette aventure comme une super expérience. J'ai affronté les meilleurs joueurs auxquels il m'ait été donné d'être confrontés. Mais ne pas être parvenu à gratter une victoire, c'est vraiment énervant.»

Titulaire en puissance

Peu importe les tempêtes qu'il a fallu traverser, sur son flanc droit, l'ailier de 26 ans est un indiscutable du onze tessinois. Sur seize matches disputés jusqu'ici en championnat, il n'en a manqué qu'un seul, face à Zurich, pour dix rencontres jouées dans leur intégralité. «On me donne beaucoup de temps de jeu et mes prestations sont plutôt constantes, c'est bien. Maintenant, il faut que j'en fasse encore plus pour que mes statistiques traduisent un peu mieux tout ça», détaille celui qui attend toujours son premier but de l'exercice. Reste que sa position n'a pas été remise en question par Maurizio Jacobacci lors de sa prise de fonction à la tête de l'équipe. Et avec lui, l'ancien homme fort du FC Sion a amené les résultats tant espérés, puisque ses protégés ont cueilli neuf des douze derniers points en jeu.

«Si on ne regarde que les résultats, on peut avoir le sentiment qu'un nouveau Lugano est né grâce au changement d'entraîneur: ce n'est pas le cas! Attention, Maurizio fait du très bon travail. Il nous apporte cet élan qui suit souvent un changement de coach. Maintenant, il n'a pas révolutionné notre football, et c'est bien normal. J'ai le sentiment qu'on possède simplement un peu plus de réussite. Celle qui nous fuyait plus tôt dans la saison», continue le joueur issu du Team Vaud.

Lugano en mission

Et puisque Lugano va mieux, ce sont ses adversaires directs qui s'en rongent les ongles. À commencer par Neuchâtel Xamax, qui reçoit justement les Luganais à la Maladière samedi soir. Là où tout oppose les deux équipes actuellement? Les Tessinois semblent avoir trouvé la formule pour faire tourner un match en leur faveur, quels que soient les circonstances. Là où les rouge et noir, au contraire, portent l'étiquette du «bon perdant». «Notre mission, reprend Numa Lavanchy, c'est d'engranger entre sept et neuf points lors des trois matches couperets face à Servette, Thoune et Xamax. On en compte déjà six, mais on doit finir le boulot.»

Particularité de ce déplacement, le Vaudois évoluera avec la menace d'une suspension sur la tête en cas d'avertissement. De quoi lui donner envie de partir en vacances une semaine avant ses partenaires? «Bon..., se marre-t-il. Dans le cas de figure où on imagine que ce quatrième jaune doit absolument tomber, l'idéal est de le prendre contre Xamax. Ça signifie que je manquerais le dernier match de l'année, mais que je pourrais prendre part à la préparation hivernale l'esprit léger, sans avoir ces cartons dans un coin de la tête. Maintenant, je n'ai pas spécialement envie d'être privé de cet ultime duel contre Young Boys, chez nous dans une semaine. Bien au contraire même. Alors tout bien réfléchi, si je peux éviter d'être averti samedi soir, ça m'arrange.» Voilà pour la théorie. Sur le terrain, à Xamax de ne pas lui laisser le temps d'y réfléchir.

Florian Vaney

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