Vaud: Nuria Gorrite présidente du Conseil d'Etat

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VaudNuria Gorrite présidente du Conseil d'Etat

L'élue socialiste prend les rênes du gouvernement vaudois pour les cinq prochaines années. Sa collègue de parti Cesla Amarelle reprend la formation.

Le Conseil d'Etat vaudois 2017-2022 in corpore.

Le Conseil d'Etat vaudois 2017-2022 in corpore.

Keystone

Nuria Gorrite présidera le Conseil d'Etat vaudois durant la prochaine législature 2017-2022. Sa collègue socialiste Cesla Amarelle reprend le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture. La répartition des tâches se révèle sans surprise.

La rumeur avait laissé entendre qu'il pourrait y avoir des changements, que tout était ouvert. Au final, l'organisation du Conseil d'Etat pour les cinq ans à venir ressemble à s'y méprendre à celle des cinq années écoulées, hormis la nouvelle venue Cesla Amarelle.

Continuité prônée

Cette répartition «respecte la volonté de la population» qui a privilégié lors des élections «la continuité, la conservation de ce climat», explique jeudi à l'ats Nuria Gorrite. A 46 ans, la socialiste sera la première femme présidente de l'exécutif durant cinq ans, après Pascal Broulis et Pierre-Yves Maillard.

«Les envies et les compétences de chacun» ont guidé aussi les discussions, poursuit la ministre. «Il n'y avait pas besoin de renverser les tables» ajoute-t-elle en réponse à une question sur l'ambiance des rencontres.

Clair et franc

«Six séances ont été nécessaires pour que chacun trouve son territoire», précise son collègue PLR Pascal Broulis. Comme doyen du collège, il les a présidées: «le débat a été clair et franc (...) Il faut éviter de battre les cartes pour les battre», selon lui.

Pour Nuria Gorrite, «une femme présidente ouvre des possibles, brise le plafond de verre» et il faut espérer que cette désignation inspire d'autres secteurs. «Cela n'occulte pas pour autant les difficultés» qui touchent encore de nombreuses femmes, qu'il s'agisse d'égalité salariale ou de prestations sociales. «Je le rappellerai», lance-t-elle.

Département cohérent

Cesla Amarelle se dit «extrêmement satisfaite» de cette répartition. «Je me réjouis d'être en charge de ce beau département, notamment de la transmission du savoir théorique et pratique ainsi que du développement de la culture».

Ce département a sa propre cohérence, souligne celle qui quitte le Conseil national. Elle met en exergue la volonté d'un déploiement culturel «dans l'ensemble du canton», ce qui se traduit par le projet à Avenches.

Transversalité à la mode

Nuria Gorrite pilotera le dossier de la stratégie numérique de l'Etat qui comprend la politique interne et la législation à venir. En parallèle, le dossier de l'innovation s'ajoute au département de Philippe Leuba (PLR). Avec, en toile de fond, une responsabilité transversale dévolue de Pierre-Yves Maillard (PS) concernant l'insertion professionnelle.

Il y a des nouveaux métiers, il convient de penser à l'emploi de demain, mais «il faut éviter les déclassements sociaux», raison pour laquelle ce gouvernement va créer une Direction de la cohésion sociale au sein du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) de Pierre-Yves Maillard, note la nouvelle présidente.

Dossiers stratégiques

Jacqueline de Quattro (PLR) reste à la tête du Département du territoire et de l'environnement qui accueille l'Unité de développement durable rattachée auparavant à celui des infrastructures. Béatrice Métraux (Les Verts) conserve son dicastère des institutions et de la sécurité.

Sorti en tête des élections, Pascal Broulis dirigera à nouveau les finances auxquelles s'ajoutent comme par le passé les relations extérieures. Des dossiers «stratégiques» restent dans son escarcelle comme Plateforme 10 (musées à la gare) ou le vortex (logement à Dorigny).

La gauche en force

Le projet du musée d'Avenches et la réaffectation des surfaces du Palais de Rumine seront également du ressort de Pascal Broulis. Le ministre balaie encore une fois d'un revers de la main les critiques émises avant les élections sur l'incompatibilité d'avoir le patrimoine au sein du Département des finances.

Du côté des partis, les socialistes disent tout leur plaisir avec cette répartition «dans l'esprit du compromis dynamique». Le PLR relève que 85% du budget de l'Etat seront dans les mains de gauche. Le département de Pierre-Yves Maillard passe de «maousse à mammouth».

(ats)

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