02.10.2019 à 16:32

FootballNuzzolo: «Plus l’on dénigre Xamax, plus cela me donne de la force»

Le Neuchâtelois évoque la métamorphose de son club et son rôle auprès des plus jeunes. Pour l’attaquant de la Maladière, le derby contre Servette, samedi, doit permettre de créer une dynamique.

par
Nicolas Jacquier
L'attaquant puise sa forces dans les attaques contre son équipe.

L'attaquant puise sa forces dans les attaques contre son équipe.

Keystone

«Pour trouver notre chemin, il ne fallait plus se cacher. Sortir un tel match à Lugano, dans notre situation, alors que l’on était en manque de points et de confiance, il fallait le faire. Je suis fier de ce que l’on a montré là-bas…» Le recul aidant, Raphaël Nuzzolo (36 ans) mesure encore mieux aujourd’hui l’importance de la victoire du Cornaredo (1-0), la première de l’exercice, permettant à Xamax d’abandonner la lanterne rouge et de chasser, en tout cas provisoirement, les doutes qui l’assaillaient.

«La solution ne pouvait venir que du terrain, reprend son attaquant vedette. Il fallait sortir de la mouise. On s’est quelque peu cherché, on a tâtonné, je le reconnais. Quand on a voulu se montrer solide derrière, on peinait alors à s’exprimer offensivement, et inversement. Il nous fallait cette victoire coûte que coûte. Quand le plan ne fonctionne pas, il faut avoir l’intelligence d’en changer. A Lugano, on a su faire ce que l’on n’avait pas réussi à réaliser jusque-là, un match abouti, complet, sur 90 minutes.»

Au moment où le club neuchâtelois a fait de l’intégration de jeunes espoirs l’une de ses priorités, le rôle de Nuzzolo s’en est trouvé modifié. Fort de son expérience, l’homme s’investit, conseille, recadre parfois. «On est parti sur une nouvelle politique, avec davantage de jeunes, qu’il faut intégrer, explique-t-il. Il s’agit de préparer l’avenir du club. Notre futur passe par là. On est constamment à la recherche d’un équilibre que l’on sait fragile. Mais pour que les jeunes se sentent en confiance et progressent, il faut quand même des résultats. Ce n’est pas à eux de subir nos échecs sportifs. Ces derniers temps, j’ai un peu plus parlé. Mais mon principal rôle, c’est le concret, c’est ce qui se passe sur le terrain.»

A Neuchâtel, ce changement de cap s’est aussi accompagné de l’arrivée d’un nouveau staff, avec Joël Magnin, un formateur, à sa tête. «C’est quelqu’un qui aime faire partager ses idées, qui cherche le dialogue. La porte de son bureau nous est ouverte. Beaucoup d’entraîneurs affirment la même chose, alors que dans la réalité, vous vous apercevez que leur porte n’est pas si ouverte que ça. Avec Joël Magnin, elle l’est vraiment!»

La bonne mentalité

Dans un club condamné à faire en fonction de ses moyens, plus limités qu’ailleurs, Nuzzolo ne souffre-t-il pas d’évoluer dans un contexte parfois pesant? Ne rêve-t-il pas de voir son Xamax disposer de moyens plus conséquents, afin de pouvoir s’épanouir autrement? «On est peut-être une petite équipe mais l’on sait pourquoi l’on se bat, répond-il. Pour les jeunes qui débarquent chez nous, c’est aussi un excellent apprentissage. Je ne me fais aucun souci pour eux. Ils ont la bonne mentalité pour travailler dans la difficulté. Chez nous, les victoires, il faut aller les chercher. Cela forge aussi le caractère.» Le No 14 de la Maladière va plus loin encore, estimant que le climat négatif entourant parfois le club peut rejaillir positivement. «Je sais très bien comment l’on est perçu à l’extérieur, cela ne me gêne aucunement. Pour nous, il n’y a pas d’effet négatif, au contraire. Plus l’on dénigre Xamax, et plus j’aime ça, cela me donne de la force»

Dans une hiérarchie instable, Xamax sait qu’il n’a encore rien gagné, qu’il lui faut désormais enclencher une dynamique, ce qui passe obligatoirement par un succès samedi contre un Servette en perte de vitesse. «A nous de créer cette dynamique, en faisant en sorte qu’une victoire en engendre une autre. Après notre départ raté, on a beaucoup de choses à se faire pardonner devant notre public.»

Pour Raphaël Nuzzolo, Xamax doit continuer à tracer son chemin, à cheval entre rigueur défensive et envolées offensives. «On devra toujours bien défendre parce que c’est la clé. Mais dans l’utilisation du ballon, on doit davantage faire mal. Notre identité existe, c’est la nôtre. Aujourd’hui, les équipes nous craignent, on est respecté par nos adversaires. Et ça, cela me plaît…»

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