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UKRAINEObama: la question de la Crimée n'est pas close

Obama a affirmé que l'annexion de la Crimée par la Russie ne peut être tenue pour acquise sans être avalisée par la communauté internationale.

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Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Keystone
A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

Keystone

L'annexion de la Crimée par la Russie ne peut pas être tenue pour acquise dans la mesure où elle n'a pas été avalisée par la communauté internationale, a affirmé mardi Barack Obama.

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Parlant de la Russie comme d'une «puissance régionale» qui menace certains de ses voisins, il a ajouté craindre de nouvelles incursions militaires en territoire ukrainien.

Une preuve de «faiblesse»

«Nous (les Etats-Unis) avons une influence considérable sur nos voisins. Dans l'ensemble, nous n'avons pas besoin de les envahir pour nouer une bonne relation de coopération avec eux», a dit le président américain aux Pays-Bas, où il a pris part à un sommet sur la sécurité nucléaire.

Dans ce sens, l'attitude de la Russie à l'égard de ses voisins lors de la crise ukrainienne et du rattachement de la Crimée n'est pas une preuve de «force» mais de «faiblesse», a-t-il estimé.

Sanctions en préparation

Barack Obama a par ailleurs confirmé que des sanctions économiques étaient en préparation par les Etats-Unis, en «coordination avec les Européens», dans les secteurs de «l'énergie, la finance, les ventes d'armes ou le commerce».

«Notre préférence reste de résoudre cette crise par la diplomatie», a-t-il pourtant répété, alors que les forces russes ont pris le contrôle mardi soir du dernier navire battant encore pavillon ukrainien en Crimée. «Il revient à la Russie d'agir avec l'esprit de responsabilité et d'être respectueuse des règles internationales».

Pas d'analogie entre Kosovo et Crimée

Le président américain a rejeté l'analogie entre le Kosovo et la Crimée invoquée par Moscou pour justifier le référendum de rattachement de la péninsule à la Russie.

«Lorsque j'entends une analogie avec le Kosovo où des milliers de personnes étaient massacrées par leur gouvernement, c'est une comparaison qui n'a absolument aucun sens», a ajouté Barack Obama.

Projet de résolution

L'Ukraine a mis lundi en circulation un projet de résolution devant l'assemblée générale de l'ONU qui invaliderait le référendum en Crimée. Le texte s'inspire du projet de résolution que Moscou a mis en échec au Conseil de sécurité avec son droit de veto.

Il précise que le référendum «n'a pas de validité et ne peut servir de base à une modification du statut de la République autonome de Crimée ou de la ville de Sébastopol».

Adresser un message fort à Moscou

Contrairement au Conseil de sécurité, une résolution adoptée par l'assemblée générale des Nations unies n'a pas de caractère contraignant, mais peut adresser un message politique fort.

Si le projet ukrainien était adopté, il pourrait souligner l'isolement de la Russie sur le dossier. Il devrait être soumis jeudi aux voix des 193 membres de l'assemblée générale. La mission ukrainienne à l'ONU espère au moins 130 votes.

Soucieuse d'éviter une mise à l'écart, la Russie a dit mardi souhaiter garder le contact avec les Etats membres du G8. Cette déclaration survient au lendemain de la suspension par les sept autres membres de la participation de Moscou à ce groupe.

Chaînes russes interdites en Ukraine

La crise a aussi des répercussions sur la politique intérieure ukrainienne. Le ministre de la Défense par intérim Igor Tenioukh a ainsi été démis de ses fonctions à l'issue d'un vote du Parlement.

Les députés avaient d'abord refusé d'accepter sa démission, présentée pour sa gestion de la crise en Crimée. Igor Tenioukh sera remplacé par Mikhaïlo Koval, le chef des gardes-frontières ukrainiens.

La justice ukrainienne a par ailleurs interdit la diffusion en Ukraine des chaînes de télévision russes. Elles sont accusées par le pouvoir de transition à Kiev d'alimenter le séparatisme avec des informations biaisées.

Observateurs de l'OSCE

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a envoyé dans ce contexte ses premiers observateurs dans l'est et le sud du pays, une cinquantaine pour l'heure.

Ils ont pour mission de favoriser un retour au calme dans ces régions russophones en proie à des tensions séparatistes.

(ats)

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