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Présidentielle aux USAObama légèrement devant mais vulnérable

A cent jours du grand rendez-vous électoral de l'automne aux Etats-Unis, Barack Obama paraît légèrement favori face au républicain Mitt Romney.

Le site RealClearPolitics, dans sa moyenne des sondages nationaux, attribue 46,4% des intentions de vote à Barack Obama et 45,1% à Mitt Romney.

Le site RealClearPolitics, dans sa moyenne des sondages nationaux, attribue 46,4% des intentions de vote à Barack Obama et 45,1% à Mitt Romney.

Keystone

Les sondages montrent pour la plupart un resserrement de l'écart entre les deux candidats qui se disputeront la Maison Blanche le 6 novembre, et une érosion du soutien au dirigeant démocrate sur des dossiers décisifs, alors que les projections économiques restent maussades.

Selon une enquête Wall Street Journal/NBC publiée cette semaine, seuls 36% des Américains font confiance à Barack Obama pour améliorer l'économie, tandis qu'ils sont 43% à préférer Mitt Romney, un ancien entrepreneur de capital-risque multimillionnaire.

Un pays «sur la mauvaise voie»

Barack Obama et son équipe pilonnent les arguments de Mitt Romney selon lesquels son expérience dans les affaires ferait de lui un bon président pour l'emploi des Américains. Mais ces attaques paraissent avoir moins d'influence sur les électeurs que leur pessimisme.

Le chômage stagne à 8,2% et ne devrait baisser qu'à 7,9% d'ici à la fin de l'année, a prévu vendredi la Maison Blanche. Soixante pour cent des Américains estiment que leur pays est «sur la mauvaise voie» selon WSJ/NBC. Le site RealClearPolitics, dans sa moyenne des sondages nationaux, attribue 46,4% des intentions de vote à Barack Obama et 45,1% à Mitt Romney.

Une avance de 1,3 point à comparer aux 3,6 points de début juillet, même si le spécialiste des sondages Nate Silver, sur le site du New York Times, accorde à Barack Obama 65% de chances d'être réélu grâce à l'avance qu'il maintient dans certains Etats décisifs.

L'économie au centre de la campagne

A longueur de discours, le président sortant appelle ses troupes à se mobiliser en prévenant que l'élection sera «serrée». De fait, selon WSJ/NBC, seuls 8% des électeurs restent indécis. Parmi les grands rendez-vous de la campagne à venir, dont le rythme devrait s'accélérer en août, Mitt Romney doit encore divulguer le nom de son colistier ; les deux partis organiseront leurs conventions présidentielles fin août et début septembre ; trois débats télévisés sont en outre prévus les 3, 16 et 22 octobre.

Mais pour Thomas Mann, de l'institut Brookings, «ce seront les nouvelles de l'économie qui seront les plus importantes ces cent prochains jours». «Tous les gouvernements du monde ont beaucoup de mal à se faire réélire en cette période difficile pour l'économie», explique-t-il.

Cet expert en sciences politiques affirme toutefois avoir été «impressionné que Barack Obama se soit maintenu légèrement devant Mitt Romney, et que sa cote de confiance reste juste en dessous des 50% malgré l'état de l'économie».

Chute de popularité

Barack Obama a toutefois subi récemment une chute de sa cote de popularité personnelle : 43% des électeurs ont une opinion négative (dont 32% «très négative») de leur président, selon WSJ/NBC.Cette baisse intervient alors que les démocrates ont eu recours depuis fin mai à un torrent de publicités télévisées agressives, visant les placements de Mitt Romney à l'étranger et le bilan social selon eux désastreux des entreprises contrôlées par l'ancienne société du candidat républicain.

Les deux camps se rendent coup pour coup, sur les thèmes de la politique étrangère ou de la défense des PME. Mitt Romney accuse Barack Obama de professer une conception de l'économie «étrangère à l'expérience américaine».

Une stratégie bien rodée

De son côté, la Maison Blanche a monté une impeccable contre-programmation de la tournée actuelle de Mitt Romney à l'étranger, en glorifiant jeudi la «relation privilégiée» avec le Royaume-Uni au moment où le républicain y effectuait un faux pas, puis en promulguant une loi qui renforce la coopération avec Israël, pays dont l'adversaire de Barack Obama rencontrera dimanche les dirigeants à Jérusalem.

Sur le terrain, Barack Obama reste fidèle à sa stratégie de défense de la classe moyenne et qualifie son adversaire de «pionnier des délocalisations». Il laboure avec constance les Etats qui pourraient faire la différence le 6 novembre, comme l'Ohio (nord) et la Floride (sud-est) où il se rendra encore la semaine prochaine.

(AFP)

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