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Crise en UkraineObama promet d'accroître la pression sur Moscou

Le président américain Barack Obama a promis d'accroître la pression sur la Russie au lendemain de bombardements sur le port ukrainien de Marioupol. Ces violences, attribuées aux séparatistes, ont tué trente civils.

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Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Keystone
Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Keystone
Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

AFP

Les bombardements au lance-roquettes multiples Grad contre un quartier habité de Marioupol et l'offensive annoncée par les rebelles contre la dernière grande ville ukrainienne de l'est du pays sous contrôle de Kiev risquent de lancer un nouveau front dans ce conflit, qui a fait plus de 5000 tués.

La conquête de cette ville permettrait d'établir un couloir terrestre entre la Russie et la péninsule ukrainienne de la Crimée, annexée mais très dépendante de l'Ukraine pour ses approvisionnements en eau et en électricité.

Kiev a accusé les séparatistes et la Russie, qui les soutient militairement, d'être responsables du drame. Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) présents sur place ont conclu samedi que les tirs avaient été effectués depuis des positions contrôlées par les rebelles. Les roquettes sont tombées à 400 mètres d'un check-point de l'armée ukrainienne.

M. Obama, joignant sa voix au tollé occidental provoqué par l'attaque ayant tué 30 civils et blessé une centaine, a promis ce dimanche 25 janvier «d'accroître la pression sur la Russie» en lien avec les autres diplomaties occidentales. Il a assuré regarder toutes les options «hormis la confrontation militaire».

Kiev ciblé par Lavrov

«Nous sommes vivement préoccupés par la dernière rupture en date du cessez-le-feu et l'agression que mènent les séparatistes avec le soutien russe, du matériel russe, un financement russe, un entraînement russe et des soldats russes», a dit le président américain.

Et pour la première réaction de Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé dimanche que ces nouvelles violences avaient été provoquées par des attaques «permanentes» de l'armée ukrainienne contre des «localités peuplées».

Il s'est entretenu par téléphone avec son homologue américain John Kerry et la Haute représentante aux affaires étrangères de l'UE Federica Mogherini. Il a souhaité que l'UE parvienne à convaincre Kiev d'entamer «un large dialogue politique» avec les rebelles. M. Kerry a proposé d'élargir le groupe de partenaires internationaux qui cherche à ramener la paix dans la région.

Condamnation par Tusk

Le président ukrainien Petro Porochenko a de son côté ouvert une réunion extraordinaire de son Conseil de sécurité nationale et de défense. Il n'a vu aucune «alternative aux accords de paix signés avec les séparatistes prorusses» et avec la participation de la Russie et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en septembre. Il a décrété dimanche une journée de deuil national.

A Marioupol, ville industrielle d'un demi-million d'habitants, les habitants interrogés par l'AFP étaient sous le choc, même si la vie a repris son cours habituel.

Les dirigeants occidentaux ont dénoncé une «dangereuse escalade» du conflit dans l'Est de l'Ukraine et appelé la Russie à cesser de soutenir la rébellion, ce que Moscou dément fermement.

«L'apaisement encourage l'agresseur à davantage d'actes de violences», a estimé le président du Conseil européen Donald Tusk.

Réunion attendue

Mme Mogherini a dit dès samedi que cette escalade allait «inévitablement provoquer une grave détérioration des relations entre l'UE et la Russie». Moscou est déjà lourdement frappée par les sanctions européennes et américaines.

La Lettonie, présidente en exercice de l'UE, a réclamé de nouvelles sanctions contre la Russie, «pleinement responsable de l'attaque des séparatistes contre Marioupol».

M. Porochenko, qui s'est également entretenu avec Mme Mogherini, a par ailleurs indiqué que les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne étaient convoqués lundi à Bruxelles pour «coordonner les efforts afin d'accroître la pression sur la Russie».

Dès samedi soir, les 15 pays du Conseil de sécurité de l'ONU ont tenté de mettre au point une déclaration sur Marioupol, à l'initiative de Londres. Mais la Russie a bloqué cette initiative, selon des diplomates occidentaux.

Didier Burkhalter condamne «fermement» l'attaque de Marioupol

Le chef de la diplomatie suisse Didier Burkhalter a fait part dimanche soir de sa vive inquiétude face à l'escalade de la violence dans l'est de l'Ukraine et aux attaques sur des zones habitées. Il a condamné «fermement» le bombardement qui a frappé samedi la ville de Marioupol.

«La mort de civils, parmi lesquels figurent des femmes et des enfants, est inacceptable», a déclaré M. Burkhalter, cité dans un communiqué du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le bombardement de quartiers résidentiels de cette ville portuaire du sud-est de l'Ukraine a fait au moins 30 tués et des dizaines de blessés.

Le conseiller fédéral a remercié la mission spéciale d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour «son rapport rapide et impartial», qui donne «des indications précises sur l'endroit d'où a été effectué ce bombardement», selon le communiqué.

Les observateurs présents sur place ont conclu samedi que les tirs avaient été effectués depuis des positions contrôlées par les rebelles pro-russes.

Pour la Suisse, il n'y a «pas de solution militaire au conflit», a insisté M. Burkhalter, qui a été très actif dans ce dossier en 2014, alors qu'il assurait pour la Suisse la présidence de l'OSCE. «La Suisse appelle toutes les parties à respecter les principes du droit international humanitaire», a-t-il aussi ajouté.

(ats)

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