Syrie: Obama salue un progrès contre l'EI, blâme Moscou
Actualisé

SyrieObama salue un progrès contre l'EI, blâme Moscou

Le président américain a exhorté Moscou à coopérer avec Washington pour trouver une sortie de crise en Syrie.

1 / 118
Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

AFP
Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

AFP
Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

AFP

Barack Obama a salué jeudi 4 août les progrès enregistrés par les Etats-Unis et leurs alliés dans la campagne militaire contre le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. Il a toutefois reconnu que l'organisation djihadiste conservait la capacité de perpétrer des attentats.

«Nous allons continuer à poursuivre l'EI de manière agressive sur tous les fronts de cette campagne», a déclaré Obama lors d'une conférence de presse au Pentagone.

Le président américain a souligné à plusieurs reprises le fait que le groupe Etat islamique ne cherche pas à mener des «gros attentats spectaculaires comme celui du 11-Septembre» mené par Al-Qaïda, «parce qu'ils ont constaté qu'ils parviennent à attirer l'attention même avec des attentats à plus petite échelle, avec des armes de petit calibre, des fusils d'assaut, ou dans le cas de Nice, en France, un camion».

«L'hypothèse d'un acte isolé ou d'une petite cellule commettant un attentat mortel est réelle», a-t-il martelé, mettant toutefois en avant le travail des forces de l'ordre. «Le fait que nous empêchons de nombreux attentats, comme nous le faisons effectivement, est un hommage à leur travail». Mais, a-t-il assuré, «l'EI ne peut pas vaincre les Etats-Unis, ni nos partenaires de l'Otan».

Critique contre Moscou

Barack Obama a par ailleurs vivement critiqué la Russie pour ses actions militaires en Syrie, en appui au régime, et a exhorté Moscou à coopérer avec Washington pour trouver une sortie de crise. «Les Etats-Unis restent prêts à travailler avec la Russie pour tenter de réduire la violence et consolider nos efforts contre les (groupes) EI et Al-Qaïda (...) Mais la Russie n'a pas pris les mesures qui s'imposent», a déploré le président, pressant Moscou à «montrer son sérieux» dans la quête d'une solution à la guerre qui ravage la Syrie.

Barack Obama a condamné la «brutalité» du régime syrien «contre le peuple syrien qui l'a poussé dans les bras des radicaux». «Le régime (du président Bachar el-Assad) continue de mener des attaques contre des civils, de bloquer des vivres destinées à des familles qui ont faim. C'est lamentable», a fustigé le président des Etats-Unis.

Et «l'implication directe de la Russie dans ces actions depuis plusieurs semaines soulève des questions sur leur engagement à s'éloigner du bord du gouffre», a condamné Barack Obama.

Le président a encore affirmé qu'il n'avait «pas confiance» dans la volonté du président russe Vladimir Poutine de coopérer pour trouver une issue au conflit syrien. «Je ne suis pas certain que nous puissions faire confiance à la Russie et à Vladimir Poutine et c'est pourquoi nous devons évaluer si nous pouvons ou pas obtenir une véritable cessation des hostilités», a-t-il dit. «La Russie n'est peut-être pas capable d'y parvenir, soit parce qu'ils ne le veulent pas, soit parce qu'ils n'ont pas assez d'influence sur Assad. Et c'est ce que nous allons évaluer.»

La somme de discorde

Le président américain a aussi affirmé jeudi que les 400 millions de dollars payés en liquide en janvier à l'Iran n'étaient pas une rançon versée par Washington pour obtenir la libération à l'époque de cinq prisonniers américains.

«Nous ne payons pas de rançon pour des otages», a martelé Barack Obama. Washington avait annoncé avoir payé cette somme en billets d'euros et de francs suisses, en janvier à Téhéran, pour régler un vieux différend commercial entre les deux pays, en marge de leur accord international sur le nucléaire iranien.

La question Trump

Donald Trump sera informé des questions de sécurité nationale comme le prévoit la loi pour chacun des candidats des deux grands partis politiques avant l'élection présidentielle du 8 novembre, a également indiqué Barack Obama. «Nous allons respecter la loi», a déclaré le président des Etats-Unis.

«Si quelqu'un est désigné il a besoin d'informations concernant la sécurité afin de le préparer à sa fonction en cas de victoire et qu'il ne soit pas obligé de démarrer de zéro», a précisé Obama.

L'actuel hôte de la Maison blanche et le milliardaire américain entretiennent de très mauvaises relations. Barack Obama a tenu à rappeler que cette procédure d'information des candidats était soumise au sceau du secret. «Si quelqu'un veut être président, il doit se comporter comme un président et cela signifie être capable de recevoir des informations sans les révéler autour de lui», a rappelé Obama.

Il a en outre jugé «ridicules» les accusations du candidat républicain Donald Trump qui a affirmé à ses supporters que le résultat de l'élection présidentielle de novembre sera «truqué», s'il venait à perdre. Cette idée est absurde et confine à une théorie du complot impossible à réaliser dans un pays où le processus électoral est très atomisé et partagé entre autorités locales, a relevé Barack Obama.

Les USA à court d'argent pour Zika

Barack Obama affirme en outre que le gouvernement est «à court d'argent» pour combattre le virus Zika aux Etats-Unis et accuse le Congrès à majorité républicaine de ne pas avoir débloqué les fonds nécéssaires. Le gouvernement prend «très au sérieux» le cas des 15 personnes contaminées aux Etats-Unis par le virus, a affirmé le président américain.

En février, Obama avait demandé au Congrès de débloquer 1,9 milliard de dollars pour combattre le virus, mais la demande a été rejetée par les républicains. «La situation devient critique», a averti Barack Obama. Sans les fonds nécessaires, le président américain craint que les essais cliniques pour obtenir un vaccin ne soient retardés.

«Ce n'est donc pas le moment de faire de la politique», a conclu le président.

(ats)

Votre opinion