«On te ramène à la maison» – Obsèques de Bernard Tapie: le «boss» à Marseille pour sa dernière étape
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«On te ramène à la maison»Obsèques de Bernard Tapie: le «boss» à Marseille pour sa dernière étape

Une dernière messe pour l’ex-homme d’affaires a eu lieu vendredi à la cathédrale Sainte-Marie Majeure en présence de sa famille, des supporters de l’OM et de plusieurs anciens joueurs.

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La procession a eu lieu entre le Vieux-Port et la cathédrale Sainte-Marie Majeure, la Major, vendredi 8 octobre à Marseille en présence de centaines de fans de l’OM.

La procession a eu lieu entre le Vieux-Port et la cathédrale Sainte-Marie Majeure, la Major, vendredi 8 octobre à Marseille en présence de centaines de fans de l’OM.

AFP
Un supporter de l’OM pose avec une copie d’un portrait de Bernard Tapie reçu par Sophie Tapie, la fille de l’ex-homme d’affaires.

Un supporter de l’OM pose avec une copie d’un portrait de Bernard Tapie reçu par Sophie Tapie, la fille de l’ex-homme d’affaires.

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La procession.

La procession.

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Entouré de sa famille, des supporters de l’OM et de plusieurs des joueurs qu’il avait conduits sur le toit du football européen, Bernard Tapie, décédé dimanche du cancer à Paris, a effectué sa dernière étape vendredi à Marseille, «sa ville de cœur».

«Le gladiateur se repose enfin», a lâché Jean-Louis Borloo, ex-ministre et avocat historique de Bernard Tapie, son ami depuis 45 ans, lors de la dernière messe pour l’ex-homme d’affaires et ancien président de l’Olympique de Marseille, en la cathédrale Sainte-Marie Majeure, la Major, face à la Méditerranée.

Dans la nef, toute la famille de celui que les supporters marseillais vénéraient comme le «boss» est là: son épouse Dominique, ses quatre enfants, ses petits-enfants.

Mais aussi tout le monde politique local, du maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, à la présidente LR du département et de la Métropole, Martine Vassal, en passant par Renaud Muselier, le président LR de la région, ou encore Samia Ghali, adjointe au maire de Marseille.

«Il est allé nous chercher l’étoile», a rappelé l’ancienne sénatrice socialiste, dans son discours, en référence à la Ligue des champions, la seule jamais gagnée par le football français, décrochée par les Olympiens, en 1993, durant le long mandat de Bernard Tapie à la tête du club (1986-1994).

«Un enfant de Marseille»

Tu étais «fort comme un lion, rusé comme un renard, mais humain, résolument humain», a insisté M. Muselier. Bernard Tapie, «c’était un enfant de Marseille, un enfant adopté», a rappelé de son côté M. Payan, au sujet du titi parisien du XXe arrondissement.

«S’il avait été gourou, il aurait eu une secte avec des milliers d’adeptes», avait lâché auparavant Eric di Meco, l’un des joueurs à avoir gagné la Ligue des champions, au journal régional «La Provence», dont Tapie était l’actionnaire majoritaire, dans le cadre d’une émission avec France Bleu Provence.

Mort à 78 ans, l’ex-député et conseiller général des Bouches-du-Rhône et très éphémère ministre de la Ville de François Mitterrand avait choisi Marseille, pour finir sa route, comme l’a dévoilé son épouse dans le communiqué annonçant son décès.

«On te ramène à la maison», avait confirmé mercredi Stéphane Tapie, son fils, sur Instagram.

Du Vieux-Port à la Major

Sur le parvis de la cathédrale, les supporters qui n’ont pas réussi à entrer écoutent les discours retransmis via des haut-parleurs. Ils applaudissent quand le petit-fils du «boss», Rodolphe, raconte l’anecdote où l’arrière-petit-fils encourage Manchester face au Paris SG.

Après l’avoir salué jeudi, au Stade Vélodrome, berceau des exploits de l’OM, les supporters ont accompagné une dernière fois Bernard Tapie vendredi, rassemblés derrière le convoi funéraire, pour une procession entre le Vieux-Port et la Major.

«C’est très important pour moi d’être là, pour rendre hommage à celui qui a fait de Marseille et de l’OM ce qu’ils sont aujourd’hui», dit Mireille Brechard, 72 ans, à l’AFP, en référence à la fameuse Ligue des champions, en marchant vers la cathédrale au milieu des chants des supporters, fumigènes à la main pour certains.

«Ne me parlez pas de VA-OM, il n’y est pour rien», ajoute la supportrice, en allusion au match acheté contre Valenciennes, en 1993, qui avait valu à Bernard Tapie 165 jours en prison: «C’est un coup politicien.»

«Pas un saint»

Si la plupart des intervenants du jour évitent d’évoquer les condamnations judiciaires de celui qui a également été acteur, chanteur mais aussi racheteur d’entreprises dont il a souvent fait fondre les effectifs, l’archevêque de Marseille n’a pas éludé cette «part d’ombre».

«Bernard Tapie n’était pas un saint, loin de là!» a concédé Mgr Jean-Marc Aveline, dans son homélie, rappelant que l’ex-homme d’affaires avait «tutoyé aussi bien les sommets que les abîmes, les salons du pouvoir que les cellules de prison».

Mais «il aimait cette ville parce qu’elle lui ressemblait, populaire et libre, fière et rebelle, tendre et violente à la fois».

Bernard Tapie sera inhumé au cimetière de Mazargues, à quelques encablures du Vélodrome.

(AFP)

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