Diplomatie: Officiel: accord trouvé sur le nucléaire iranien
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DiplomatieOfficiel: accord trouvé sur le nucléaire iranien

Téhéran et les grandes puissances ont trouvé un accord sur le programme nucléaire de l'Iran, selon plusieurs sources.

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Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

AFP
Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York.  (23 septembre 2019)

Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York. (23 septembre 2019)

AFP

L'accord autour du dossier nucléaire iranien a été formellement conclu mardi 14 juillet à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances, a annoncé à la mi-journée la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, sur son compte Twitter. Il doit mettre fin à douze ans de tensions.

«Nous avons l'accord», a-t-elle déclaré, soulignant que les négociations étaient «achevées». Cet accord intervient au terme de 21 mois de pourparlers et au 18e jour de négociations acharnées dans la capitale autrichienne, l'une des plus longs round de ce type depuis un quart de siècle.

Peu auparavant, le président iranien Hassan Rohani avait salué l'annonce de l'accord. «Il montre que l'investissement constructif fonctionne. Avec la résolution de cette crise inutile, de nouveaux horizons se dégagent avec des défis communs pour objectif», a déclaré Hassan Rohani sur Twitter.

«Grâce à Dieu les négociations nucléaires se sont achevées avec succès», a déclaré Hamid Baeidinejad, l'un des principaux négociateurs iraniens. «L'accord est conclu», a également indiqué plus tôt dans la matinée une source diplomatique.

Normalisation des relations

Le texte, qui autorise l'Iran à poursuivre son programme nucléaire civil, ouvre la voie à une normalisation des relations économiques et diplomatiques de l'Iran avec la communauté internationale, une perspective qui hérisse Israël et les puissances régionales sunnites au Moyen-Orient.

La nuit de lundi a mardi a été marquée par une intense activité diplomatique au palais Coburg qui abrite les négociations depuis le 27 juin. A minuit, les ministres des grandes puissances ont participé à une réunion plénière, juste après un nouvel échange entre l'Américain John Kerry et le Russe Sergueï Lavrov, principaux artisans du futur accord. Officiellement, toutefois, celui-ci n'est pas encore formellement conclu.

Les négociateurs ont bataillé jusqu'à la dernière minute pour résoudre de derniers «points de désaccord», selon les termes de Josh Earnest, porte-parole du président américain Barack Obama.

Depuis le week-end, tous les acteurs assuraient que l'accord était quasi bouclé mais que des «décisions politiques» restaient nécessaires. «Aucun accord ne peut être parfait», a rappelé le ministre chinois Wang Yi, revenu spécialement dans la capitale autrichienne, pour les dernières heures de la négociation aux côtés de l'ensemble de ses homologues.

Date repoussée plusieurs fois

L'accord, s'il est confirmé, se sera fait attendre: il était initialement prévu pour le 30 juin, mais cette date a été repoussée à plusieurs reprises en raison de l'importance des enjeux.

L'Iran est soupçonné d'avoir mis en oeuvre, jusqu'en 2003 et peut-être au-delà, un programme nucléaire militaire sous couvert d'activités civiles ce qu'il a toujours nié. Depuis une dizaine d'années, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU imposent des sanctions à la République islamique pour la forcer à négocier. Les pourparlers n'ont vraiment commencé qu'en 2013 après l'élection du président Hassan Rohani sur la promesse d'une levée des sanctions.

Premiers pas à Lausanne

En avril, à Lausanne, les négociateurs ont obtenu à l'arraché un accord-cadre qui a fixé les grands principes du texte final. L'Iran a notamment accepté de réduire le nombre de ses centrifugeuses et son stock d'uranium enrichi, ce qui doit rendre quasi impossible la fabrication rapide d'une bombe atomique.

En prévision de l'accord, le ministre iranien de l'Intérieur a demandé aux autorités locales de se préparer à des scènes de liesse dans les rues, la population espérant que la levée des sanctions internationales permette une amélioration de ses conditions de vie en cas d'accord.

La séquence de pourparlers viennois représente l'un des plus longs cycles de négociations internationales, au niveau ministériel et en un seul lieu, depuis celui qui a abouti aux accords de Dayton (Etats-Unis) ayant mis fin en 1995 à la guerre en Bosnie-Herzégovine.

Durée de l'accord en jeu

Les discussions se sont éternisées en raison de désaccords sur la durée de l'accord, le rythme de la levée des sanctions ou l'accès aux sites militaires iraniens. Les négociations ont également buté sur la levée de restrictions sur le programme balistique et le commerce des armes, réclamée par Téhéran avec le soutien de Moscou.

Les Occidentaux jugent cette demande délicate en raison de l'implication iranienne dans plusieurs conflits, en particulier en Syrie et en Irak. Les voisins de l'Iran, notamment Israël et les puissances sunnites, s'opposent d'ailleurs à un accord qui ouvre la voie à une normalisation pour Téhéran sur la scène internationale. Même en cas d'amélioration de dernière minute, l'accord sera «mauvais», a redit lundi le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, évoquant le risque d'une «course aux armements nucléaires» dans la région.

Aux Etats-Unis, où le souvenir de la prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran en 1980 reste vivace, l'accord rencontre aussi une forte opposition. «Il faut que cet accord soit robuste et réversible et que l'Iran se prête aux inspections nécessaires pour éviter tout retour en arrière sur la non-prolifération», a estimé pour sa part le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sur l'antenne de la radio RTL mardi matin.

Une «erreur historique»

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié mardi d'«erreur historique» l'accord nucléaire finalisé entre l'Iran et les grandes puissances à Vienne.

«D'après les premiers éléments qui nous parviennent, il est déjà possible de dire que cet accord est une erreur historique pour le monde», a déclaré Benjamin Netanyahu avant une rencontre à Jérusalem avec le ministre des Affaires étrangères néerlandais Bert Koenders.

(ats)

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