Futuriste - On a promené un robot chien dans les rues de Lausanne: effet garanti
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FuturisteOn a promené un robot chien dans les rues de Lausanne: effet garanti

Spot, le quadrupède de l’entreprise américaine Boston Dynamics, nous a rendu visite. Effrayant au début mais vite ludique. Peut-être trop.

par
Laurent Flückiger
Interview: Laurent Flückiger. Tournage et montage: Laura Juliano.

Le robot est à terre quand on le découvre pour la première fois. Il ne ressemble pas un chien couché sagement, plutôt à un caisson jaune et noir, assez insignifiant. Soudain, il bouge, déploie ses pattes, se lève et commence à marcher dans un bruit qui n’est pas sans rappeler le RoboCop de 1987. Franchement, on est presque effrayé. Moins quand on découvre qu’il est piloté grâce à une télécommande. Ouf, il y a de l’humain là derrière.

C’est Spot, le robot chien de la société américaine Boston Dynamics. Les vidéos dévoilant ses prouesses ont été consultées des millions de fois. Il a une vue à 360 degrés, peut monter des escaliers, porter jusqu’à 14 kilos, résiste aux chocs mais aussi au froid comme au chaud (de -20 à +45 degrés) et même à la pluie.

D’accord, mais ça sert à quoi? Une fois programmé, Spot peut être dévolu à toutes sortes de tâches, notamment dans la sécurité industrielle. Son propriétaire, l’entreprise Rhomberg Sersa, basée en Suisse et en Autriche, l’a d’ailleurs testé pour aider à inspecter des tronçons de voies des CFF. Elle l’a ensuite confié à la start-up sierroise Workshop 4.0, qui entend présenter cette technologie à différentes industries.

Spot a depuis été rebaptisé Tschoupi et nous a été conduit en voiture à Lausanne par Nicolas Fontaine, CEO de Workshop 4.0, et le logisticien Garrett Wollam, à qui le pilotage de l’étrange animal pour la balade a été confié.

«Ce n’est plus une fiction, c’est la réalité»

À peine quelques pas sur l’avenue de la Gare et les passants dégainent aussitôt leur téléphone portable. Si les plus jeunes connaissent Spot et n’imaginaient pas en voir un en vrai, certains sont inquiets. «Les mouvements sont tellement fins, c’est flippant, confie une dame, alors qu’un homme rappelle les dérives racontées dans les récits de science-fiction. Il n’empêche: la plupart des gens accueillent le robot positivement.

«Ils sont en général intrigués», confirme Nicolas Fontaine, qui se souvient d’avoir provoqué un bouchon sur la route cantonale la première fois qu’il l’a sorti devant son atelier. «On a l’impression que ces robots n’existent que dans les films mais ce n’est plus une fiction, c’est la réalité. C’est justement l’action d’aujourd’hui: de pouvoir en discuter et d’expliquer comment on peut utiliser ces machines de manière intelligente», décrit-il. D’ailleurs, les curieux ont eu 90 minutes pour poser leurs questions. Pas plus, c’est la durée de la batterie.

Le chien est très facile à manier. Peut-être trop. Un enfant saurait rapidement utiliser la télécommande, qui ressemble beaucoup à ce qu’il connaît avec les jeux vidéo. Alors Tschoupi est ludique dans la rue, certes, mais laissons-le dans les pattes des pros et de ceux qui en ont vraiment besoin.

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