Netflix - On a rencontré la vraie «Emily in Paris»
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NetflixOn a rencontré la vraie «Emily in Paris»

Dans la série TV, une jeune Américaine déménage dans la capitale française et va vivre un choc culturel. Les anecdotes que l’on suit à l’écran sont celles de Rebecca Leffler.

par
Laurent Flückiger, Monte-Carlo
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Rebecca Leffler était modératrice lors des conférences de presse du Festival de Télévision de Monte-Carlo. C’est là qu’elle nous a raconté son histoire.

Rebecca Leffler était modératrice lors des conférences de presse du Festival de Télévision de Monte-Carlo. C’est là qu’elle nous a raconté son histoire.

@Festival de Télévision de Monte-Carl
La série «Emily in Paris» est apparue fin 2020 sur la plate-forme Netflix.

La série «Emily in Paris» est apparue fin 2020 sur la plate-forme Netflix.

Netflix
La série, porté par Lily Collins, est remplie de clichés sur les Parisiens vu par les Américains.

La série, porté par Lily Collins, est remplie de clichés sur les Parisiens vu par les Américains.

STEPHANIE BRANCHU/NETFLIX

«Emily in Paris», c’est la série Netflix qui a autant agacé que fasciné lors de son apparition fin 2020. Créée par Darren Star («Sex and the City»), elle met en scène une jeune Américaine, Emily Cooper, qui déménage de Chicago à Paris pour travailler dans une société de marketing. Elle vivra alors un choc culturel. Ou une alignée de clichés sur les Français, selon ses détracteurs, qui en ferait une fiction irréaliste.

Ces clichés, Rebecca Leffler les a vécus. C’est en effet à partir des anecdotes de cette Américaine que les aventures d’Emily ont été écrites. Nous l’avons rencontrée au Festival de Télévision de Monte-Carlo où elle était modératrice lors des conférences de presse avec les «talents».

Rebecca est arrivée depuis les États-Unis à Paris à l’âge de 21 ans avec une bourse d’études dans le cinéma. Elle est devenue correspondante à The Hollywood Reporter, a travaillé pour «Le grand journal» sur Canal+, a fait les tapis rouges. En 2011, des problèmes de santé donnent une autre direction à sa carrière. «On m’a dit de ne plus manger de gluten ni de produits laitiers. J’étais en France. Je me suis dit «oh my god! je vais mourir!» Alors je me suis mis à écrire des livres sur le bien-être.» Aujourd’hui, Rebecca Leffler est auteure, journaliste et consultante.

Alors, c’est vous Emily in Paris?

Au départ, c’est Darren Star qui a créé le personnage d’«Emily in Paris» et a écrit le pilote. Après avoir lu le scénario, un ami à moi, producteur exécutif du projet, lui a dit: «Je connais cette fille! C’est Rebecca!» Alors Darren Star m’a contactée. C’était au printemps 2019. À l’époque je travaillais dans une agence de publicité à plein temps. Après un échange d’e-mails et il m’a proposé de parler par Skype avec son équipe d’écriture. Plus tard – c’était un vendredi – il m’a demandé si je pouvais être à Los Angeles lundi. Non, j’ai répondu. Avant de changer d’avis. Parce que c’est Darren Star! J’ai tout quitté et je suis restée en Californie quelques semaines pour lui donner toutes mes anecdotes.

D’où viennent ces anecdotes?

J’ai écrit un roman sur mon histoire à Paris il y a plusieurs années. Les droits ont été rachetés par une boîte de production qui voulait en faire une série TV. Mais c’est le moment où j’ai commencé à m’investir dans le bien-être, et tout a été abandonné. À Los Angeles, j’ai dit à Darren Star: «Je vous donne toute ma vie». Ce qui l’intéressait, c’est le fait d’être une Américaine à Paris, les malentendus qui peuvent arriver, les faux-amis, mais aussi le milieu de la publicité. Par exemple, il y a un épisode sur un événement d’influenceurs, c’est ce que je lui avais raconté. Comme la boulangère qui est méchante ou le fait d’arriver dans des bureaux vides à 8 h du matin. Je sais que ça fait cliché et que beaucoup de Français sont très sympas mais c’est mon expérience. Aucun de mes collègues ne me proposait de manger avec eux. Ils me regardaient comme si j’étais folle. Aujourd’hui, certains sont devenus des amis.

Pourtant, contrairement à Emily, vous parliez déjà parfaitement français.

C’est gentil. J’ai toujours mon accent. À l’université aux États-Unis, j’ai étudié le cinéma et le français, et j’étais obsédée par la culture française, j’écoutais NTM, je regardais plein de films. Alors oui, c’est la différence entre Emily et moi, je parlais déjà la langue. Mais je m’identifie à son côté fleur bleue, son côté Amélie Poulain naïve et excitée par plein de choses, son côté bosseuse.

Vous êtes devenue consultante créative sur la saison 1. C’est toujours le cas sur la saison 2, qui se tourne actuellement à Paris?

Non. Il y a déjà eu des changements sur la saison 1. Quand on a commencé «Emily In Paris», elle était destinée à la plateforme de streaming de Paramount. Finalement, la série a été rachetée par Netflix et c’est devenu une association globale. Mais j’espère y retourner un jour.

Vous avez donné des conseils à Lily Collins pour manger sainement?

Je pense qu’elle le fait déjà très bien. Par contre, je trouve que le personnage d’Emily n’est pas assez Américaine dans cette idée de manger sainement. Bon, c’est vrai que quand je suis arrivée à Paris je me suis mise à ne manger que des pâtisseries, des macarons, des croissants au chocolat, beaucoup de fromage aussi. Il n’y a rien de mieux qu’une baguette sortie du four avec un bon brie! Aujourd’hui, je me promène tout le temps en pantalon de yoga, je mange végétarien, j’ai le côté un peu Américaine chiante. La plupart des actrices que je rencontre maintenant sont comme ça, alors que quand j’ai débuté il n’y avait guère que Gwyneth Paltrow qui accordait de l’importance à sa santé et avait lancé son site spécialisé.

Rude concurrence!

Oui, mais je pense que c’est justement parce que je ne suis pas Gwyneth Paltrow, parce que je ne lui ressemble pas et parce que je n’ai pas son argent que mes premiers livres ont bien marché en France. Mais attention: j’admire ce qu’elle fait. Tout ce qui aide les gens à manger plus de légumes et à prendre soin d’eux est bon à prendre. Même s’ils le font juste pour lui ressembler. Par contre, je ne suis pas une vegan militante, ça ne marche pas. D’ailleurs, je n’aime pas le mot vegan. Je mange du miel et je ne dis pas non à un bon poisson quand je suis au bord de la mer.

À qui donnez-vous vos conseils pour vivre sainement?

Je donne des cours détox à l’école de cuisine Alain Ducasse. Avant le Covid, j’organisais beaucoup de retraites de yoga et de bien-être. Pour moi, c’est un ensemble. On peut manger du chou kale et des graines de chia mais si on le fait en étant stressé, ça n’aura pas l’effet voulu. On se sent mieux en mangeant un burger entre amis. Les stars ont un chef privé, un coach et quatre heures par jour pour se muscler pour un rôle. Ce n’est pas le cas des gens normaux. Mais ce n’est pas grave, même cinq minutes de yoga par jour c’est utile. Il faut prendre du plaisir.

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