21.07.2020 à 04:47

Coronavirus«On continue à faire peur comme on peut»

Le genevois Jean-Dominique Michel redonne de la voix au sujet de l’évolution de l’épidémie. Pour lui, elle est en voie d’extinction.

par
Eric Felley
Pour le polémiste genevois Jean-Dominique Michel: «On avait envie de croire qu’après avoir déconfiné, on était bons. Mais ce n’est pas tout à fait ce qu’on observe».

Pour le polémiste genevois Jean-Dominique Michel: «On avait envie de croire qu’après avoir déconfiné, on était bons. Mais ce n’est pas tout à fait ce qu’on observe».

DR

S’il y a une personnalité romande qui a focalisé le débat durant les premières semaines de la pandémie, c’est bien le polémiste Jean-Dominique Michel. À l’instar du professeur Didier Raoult en France, le Genevois féru d’anthropologie a adopté un discours en porte-à-faux avec la doxa officielle, relativisant la dangerosité de l’épidémie, mais sans la minimiser non plus. Aujourd’hui, il reprend sa plume sur son blog: «Alors que l’épidémie, selon les critères usuels en la matière, n’existe plus chez nous, le matraquage médiatique continue de plus belle. Avec des titres confinant au surréalisme comme celui-ci provenant de l’OFSP: nous vivons une stabilité dangereuse!»

«Le virus a perdu de sa virulence»

Selon lui, la situation de ces dernières semaines en Suisse montre une «augmentation mécanique de nouveaux cas» liée au fait que l’on teste davantage et qui correspond à «une baisse tout aussi significative en Europe des cas graves, des hospitalisations et des décès» Il constate aussi que «l’immunité de groupe – grâce notamment à l’immunité croisée avec les autres coronavirus – semble sur le point d’être atteinte. Le virus a perdu, comme il est naturel, de sa virulence à la faveur d’un processus d’adaptation à la nouvelle espèce d’hôtes que nous sommes pour lui, les indicateurs sont dans l’ensemble aussi rassurants qu’il est possible de l’être…»

Il regrette que durant cette période de décrue, le discours des autorités fédérales ne quitte par le terrain de la panique: «On prend comme un danger terrible la circulation résiduelle du coronavirus, alors que, sauf à trogloditiser durablement la population, il est normal et même bon à ce stade qu’il circule ainsi, puisqu’il le fait aujourd’hui à peu près sans dommages et essentiellement auprès des jeunes, qui ne risquent rien, hors cas bien sûr tristes, mais heureusement exceptionnels».

Dans un entretien donné à Amèle Debey sur le site «L’Impertinent», il réfute toute deuxième vague: «Elle n’existe pour l’instant simplement pas! Comme il n’y a pratiquement plus de malades, ni de décès, on se rabat sur les «tests positifs», qui peuvent d’ailleurs identifier des gens ayant eu le virus mais sans plus de virémie. Et comme on teste beaucoup plus, on trouve plus de positifs, mais sans aucune incidence pathologique, ce qui est rassurant. On continue à faire peur comme on peut, mais d’une manière dont il devient évident qu’elle est exagérée et même un peu ridicule».

Pour une approche globale de la santé

Un autre axe critique de Jean-Dominique Michel est celle de l’approche strictement médicale de l’épidémie: «Les médecins n’ont que peu d’expertise en santé, leur travail consistant à diagnostiquer et traiter les maladies. Alors que l’essentiel des déterminants de la santé est de nature existentielle, relationnelle et socio-économique». Il regrette cette primauté absolue de la biologie: «Les relations, les affects, les liens avec les autres, le sens que l’on donne à sa vie, tout cela est hyperdéterminant pour la santé, au moins autant que la biologie. Mais on s’est concentrés uniquement sur la biologie. On a complètement effacé le reste en créant des réalités qui ne peuvent être qu’hypertraumatiques».

Trouver un vaccin: hautement spéculatif

Concernant l’attente d’un vaccin pour que l’on puisse tourner la page de l’épidémie, il relève deux aspects: «Nos dirigeants sont convaincus que ce qu’il faut faire c’est vacciner les gens. Avec évidemment certains intérêts économiques derrière, parce que vacciner huit milliards de personnes ça permet quand même à l’industrie de faire des bénéfices juteux au passage».

Le second concerne le projet de vaccin à ARN: «Un type nouveau que l’on n’a encore jamais expérimenté sur l’être humain. L’Union européenne vient bel et bien d’autoriser le recours aux OGM dans ce vaccin, les micropuces existent, ainsi que la technologie des nanoparticules permettant de savoir à l’insu d’une personne si elle a été vaccinée ou non. J’entends aussi que les autorités, en Suisse comme à travers le monde, ne jurent que par un futur vaccin, alors que trouver un vaccin efficace contre cette sorte de coronavirus est un concept hautement spéculatif, pour lequel on semble être déjà prêt à se dispenser des étapes de sécurité habituellement nécessaires».

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