Romandie: «On en a marre de subir ces violences»

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Romandie«On en a marre de subir ces violences»

De nombreuses femmes ont participé à des manifestations samedi à Lausanne et Genève pour dénoncer les violences sexistes.

70 femmes environ ont participé à l'événement.

Des manifestations ont eu lieu samedi à travers toute la Suisse à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes. Une mobilisation particulièrement en phase avec l'actualité cette année.

A Genève, environ 200 personnes ont formé une chaîne humaine au Jardin Anglais. Le Jet d'eau a ensuite été illuminé en orange, la couleur qui symbolise cette lutte. «Les hommes et les femmes de tous les milieux doivent manifester aujourd'hui, mais aussi tous les autres jours de l'année», selon Anne Marie von Arx-Vernon, députée PDC engagée contre la traite des êtres humains.

La mobilisation était organisée par le Soroptimist International Club de Genève. Nasteha et Joanne, deux jeunes femmes qui en ont entendu parler sur les réseaux sociaux, ont aussi tenu à manifester «car c'est un sujet qu'on a tendance à oublier, alors qu'une grande partie des femmes subissent des violences, en particulier domestiques». «Simplement être femme, nous met en danger», relève Nasteha.

Système patriarcal

A Lausanne, une septantaine de personnes se sont rassemblées pour dire leur colère et leur ras-le-bol contre les agressions machistes. «On en a marre de subir ces violences, marre qu'on considère les femmes comme des êtres inférieurs, comme des objets sexuels», a lancé au micro Gloria Casas Vila, membre de l'association Feminista.

Une dizaine de femmes ont pris la parole, brandissant des pancartes #MeToo, hashtag que des internautes utilisent pour témoigner d'agressions sexuelles ou de harcèlement. Les violences sexistes sont structurelles, ont dénoncé les manifestantes: elles sont la conséquence du système patriarcal dans lequel on vit depuis trop longtemps.

Une priorité

En Suisse, toutes les deux semaines une femme meurt suite à des violences machistes. Et une femme sur cinq subit des violences physiques ou sexuelles de son partenaire au cours de sa vie. Ces violences machistes doivent être reconnues comme spécifiques, plaide Feminista, qui souhaite élargir la notion de viol dans le code pénal.

L'association réclame en outre de la prévention à l'école, et que la formation des médecins, policiers et juges intervenant auprès des femmes soit améliorée. «Il faut que cela devienne une vraie priorité dans l'agenda de ce pays», selon Gloria Casas Vila.

Sexisme ordinaire

Les dénonciations de cas de femmes agressées ou harcelées se multiplient ces dernières semaines. La parole des femmes s'est pourtant libérée bien avant, de façon individuelle et collective, mais elle n'était pas entendue, a expliqué l'experte en prévention des violences et des discriminations Caroline Dayer sur les ondes de la RTS.

Ce qui est nouveau, c'est l'onde de choc que le phénomène a provoquée, ajoute-elle. De même que son ampleur et le fait qu'il traverse toutes les sphères, ou encore la «prise de conscience du sexisme ordinaire».

Samedi marquait le début de la campagne internationale «16 jours d'activisme contre la violence faite aux femmes», à laquelle la Suisse participe pour la 10e fois. Des actions étaient prévues à Bienne, Berne, Bâle, Coire, Schaffhouse, St-Gall et Zurich, ainsi que dans plusieurs villes du Valais romand.

A Berne, des dizaines de femmes et d'hommes se sont rassemblés, pour la plupart vêtus de noir et la bouche scotchée, avant de former une chaîne humaine. Après quelques minutes, ils ont retiré le scotch pour scander: «Stop à la violence contre les femmes!», «Je ne me tairai plus» ou encore «Non, c'est non!».

A Madrid aussi

Des milliers de personnes se sont mobilisées samedi à Madrid. Scandant «Nous n'avons pas peur !», les manifestants ont défilé dans la capitale espagnole à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

(ats)

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