12.08.2020 à 17:23

Cyclisme«On est prêt à remonter en selle»

Grégory Devaud, le coprésident des Mondiaux d’Aigle-Martigny annulés ce mercredi, ne cache pas sa tristesse. Mais comme un sportif, il ne s’avoue pas battu.

par
Pascal Bornand
Les Championnats du monde de cyclisme sur route UCI 2020 entre Aigle et Martigny ont été annulés. Grégory Devaud, coprésident de la manifestation, ne cache pas sa tristesse.

Les Championnats du monde de cyclisme sur route UCI 2020 entre Aigle et Martigny ont été annulés. Grégory Devaud, coprésident de la manifestation, ne cache pas sa tristesse.

KEYSTONE

Grégory Devaud est un organisateur triste. Sacrifiés sur l’autel du Covid-19, les Championnats du monde de cyclisme n’auront pas lieu du 20 au 27 septembre dans la région d’Aigle-Martigny.

La décision du Conseil fédéral de prolonger l’interdiction des grandes manifestations de plus de 1000 personnes jusqu’au 30 septembre lui a donné le coup de grâce. «Je suis déçu, mais surtout triste pour tous ceux qui se sont investis sans compter depuis deux ans pour faire naître ce beau projet. Et je suis en colère contre ce satané virus qui nous l’a fichu en l’air», confie-t-il.

Annuler un tel événement, c’est un crève-cœur?

Oui, c’est dur à vivre mais il faut se faire une raison. Longtemps, jusqu’au début de l’été, on y a cru ardemment, on s’est accroché à cet espoir. On était tous passagers d’un ascenseur émotionnel difficile à maîtriser. Il y a encore trois semaines, on nous a encouragés à ne pas lâcher le guidon. Et puis, l’étau s’est resserré. Organiser l’épreuve avec une jauge à moins de mille personnes, ce n’était pas possible.

Pourtant, dix jours plus tard, cela aurait été envisageable…

Non, on ne compte pas ainsi. À plus de 1000, les restrictions et les mesures de protection seront sans doute gigantesques, donc très compliquées à assumer. Et travailler dans l’incertitude, c’est la pire des choses. Je préfère me dire qu’il n’était vraiment pas souhaitable de mettre sur pied ces Mondiaux à n’importe quel prix. On les avait conçus comme une fête du vélo, un rassemblement convivial. Il aurait été malheureux de gâcher un tel projet.

C’est beaucoup de travail qui roule dans le fossé?

Oui, on y a mis toute notre passion et toutes nos énergies, jour et nuit, durant deux ans. Ça été parfois compliqué, mais on a relevé le défi. En fait, ce sont surtout des émotions, et elles vont rester. Je me revois, le 13 juin 2018, sur un alpage, recevoir un coup de fil de l’UCI. Notre projet était accepté, il fallait monter un projet. J’ai gardé des notes travail; les consulter, ça va encore plus me donner des larmes à l’œil. C’est un projet authentique, un projet du XXIe siècle, réalisé avec simplicité. Comme la raclette et le chasselas qu’on a servis en Angleterre lors de la présentation de notre manifestation.

Il y a le choc émotionnel et l’impact financier. Combien va coûter cette annulation?

Heureusement, on va limiter la facture car on a pris soin, jusqu’au dernier moment, de repousser au maximum les engagements financiers. Sur un budget de 18 millions de francs, moins de 10% ont été dépensés jusqu’à ce jour, soit environ 1,4 million. Et puis, on peut compter sur la compréhension de nos prestataires.

Qui va payer?

Ce sont des frais effectifs. Pour une bonne partie, ils seront pris en charge par les autorités publiques, la Confédération, les cantons.

Est-ce que vous êtes prêts à remonter en selle?

Oui, on a pris un coup mais la passion est toujours là. Ce n’est pas un point final. Le dossier plaît, il est bien ficelé, il suffirait de quelques mois pour le remettre en route. Alors, pourquoi pas en 2028, quatre ans après les Mondiaux de Zurich. L’UCI a attribué deux championnats à la Suisse, je ne pense pas qu’elle serait contre un tel report. Ce ne serait peut-être pas la même équipe mais dans le même esprit.

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1 commentaire
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Jean Neymar

12.08.2020 à 17:49

Il a raison de faire la tête, Devaud ! Ok, ok, je sors...