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Cyclisme«On m'avait prédit une médaille aux JO de 1968»

Le prologue du Tour de Romandie passe aujourd'hui à Versegères, dans le val de Bagnes, sous la fenêtre de l'ancien skieur Roland Collombin, qui aurait pu faire une grande carrière de cycliste.

par
Cyrill Pasche
?Aujourd'hui, le Tour de Romandie passera devant la maison de Roland Collombin, qui a ressorti son vélo pour l'occasion.

?Aujourd'hui, le Tour de Romandie passera devant la maison de Roland Collombin, qui a ressorti son vélo pour l'occasion.

Sedrik Nemeth

Roland Collombin (62 ans) sort de son garage avec un vieux vélo de course Bianchi. «Quarante ans d'âge, sourit-il. Je m'entraînais avec pour préparer mes saisons de ski.» La légende du cirque blanc – médaillé d'argent aux JO de 1972, vainqueur de la Coupe du monde de descente en 1973 et en 1974 – aurait très bien pu réussir une grande carrière en cyclisme. «Un jour, je suis allé faire le test du kilomètre sur piste. C'était une compétition qui avait lieu un peu partout dans le pays, avec à la clé une finale suisse à Oerlikon, se souvient-il. Je m'étais présenté au test à Martigny, et j'avais réalisé le meilleur temps parmi tous les licenciés. Je les avais tous semés. Pourtant, je n'avais jamais participé à des courses, et je n'étais pas du tout équipé. J'avais été sélectionné pour la grande finale…» Il n'avait alors que 16 ans, en 1967.

«Un clin d'œil plutôt sympa»

L'ancien champion de ski ne peut s'empêcher de sourire en se rappelant les mots d'Oscar Plattner, l'entraîneur national sur piste de l'époque et ancien grand champion cycliste, qui lui répétait «qu'il était imbattable sur cette distance». Le champion du monde de vitesse lui avait d'ailleurs proposé de venir vivre à Zurich pour développer son talent inné pour le cyclisme. «Il m'avait garanti une médaille aux Jeux olympiques de 1968 à Mexico. Mais le vélo, ce n'était pas ce qui m'intéressait. Alors j'ai décliné son invitation», se rappelle Collombin. Aujourd'hui, le Valaisan avoue ne jamais repenser à cette médaille qu'on lui prédisait. «Cela me fait rire, c'est tout», dit-il. Sa passion pour le cyclisme, elle, est malgré tout restée intacte. «J'adore ce sport. Mais je ne pédale plus, cela me fait trop souffrir désormais.»

Aujourd'hui, le Tour de Romandie passera sous sa fenêtre, à Versegères, avant de poursuivre sa route jusqu'à Bruson, chez William Besse, l'autre champion de ski du val de Bagnes. «C'est un clin d'œil plutôt sympa pour nous les skieurs, sourit Collombin. Et puis il y aura de l'ambiance dans le coin.» Ce parcours en pente, le négociant en boissons le connaît par cœur. «Des prologues en montée, ça n'est pas très courant, non?» interroge-t-il avant de prédire «une course difficile et très sélective». Le héros de Versegères assistera à la course depuis l'aire d'arrivée, dans la zone VIP, en tant qu'invité de prestige du Tour de Romandie.

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