Actualisé

Polémique«On mangeait du chat par nécessité»

La pétition pour interdire de manger chat et de chien a fait le tour du monde. Or selon un spécialiste de la gastronomie, Minou et Médor ne squattent plus nos assiettes depuis 70 ans.

par
Melina Schröter
© farbkombinat --Fotolia

Notre pays avait déjà une mauvaise réputation fiscalement parlant sur la scène internationale, voilà qu'à présent ce sont nos mœurs gastronomiques qui agitent les défenseurs des animaux. La pétition déposée cette semaine par Tomi Tomek sur la viande de chat et de chien a fait le tour du monde. Selon plusieurs dépêches provenant de très sérieuses agences de presse, qui ont tendu le micro à la fondatrice de SOS chats, 3% des Helvètes dégusteraient leur animal de compagnie. Pis, toutous et minous seraient des mets de choix à Noël, cuisinés au vin blanc. Des habitudes gastronomiques qui ont horrifié médias sociaux et presse internationale mais qui sont absolument fausses, à en croire Dominik Flammer, historien de la gastronomie, spécialisé dans la gastronomie alpine.

Viande de pauvres

«Régulièrement cette histoire réapparaît, lancée par des activistes radicaux de la cause animale. Mais c'est faux. Si en effet on mangeait des chats et de chiens, mais aussi des renards, des blaireaux et des écureuils, jusqu'aux années 40, c'était par nécessité. Une viande pour les pauvres qui n'en avaient pas d'autre. Et on ne peut pas exclure qu'aujourd'hui quelques personnes trouvent un chat et le mangent. Et quand bien même? Les tabous alimentaires sont culturels. En Asie par exemple il est impensable de manger du cheval. Mais articuler le chiffre de 3% et présenter ça comme une habitude en Suisse est tout à fait faux.»

Depuis 30 ans l'expert écume la Suisse pour se documenter sur l'histoire de notre gastronomie, particulièrement dans les campagnes. «Je rencontre des personnes âgées qui se souviennent en avoir mangé enfant, mais c'est tout.» Quant à la tradition de Noël, elle serait tout aussi fantaisiste. «Je n'ai jamais rien lu ni entendu qui puisse accréditer cette théorie, le chat n'a jamais été un menu de choix pour les Fêtes. Maintenant, à nouveau, on ne peut pas exclure qu'un soir de Noël un paysan pauvre ait tué un chat pour avoir quelque chose à mettre sur la table. Mais encore une fois c'est un aliment de pauvre et de nécessité.» Pour Dominik Flammer, le vrai objectif de ceux qui font circuler ces infos est de diaboliser les mangeurs de viande. «Le but est de montrer combien les mangeurs de viande sont cruels, puisqu'ils sont même capables de manger leur propre animal de compagnie.»

PÉTITION 

Votre opinion