La Chaux-de-Fonds: On ne démolit pas impunément un bâtiment protégé par l’Unesco
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La Chaux-de-FondsOn ne démolit pas impunément un bâtiment protégé par l’Unesco

Pour le Tribunal régional des Montagnes et du Val-de-Ruz, la déconstruction sans autorisation d’une ancienne quincaillerie constitue bel et bien une infraction à la Loi cantonale sur les constructions.

par
Vincent Donzé
Le permis de construire ne prévoyait pas de démolition à la rue du Marché 8-10.

Le permis de construire ne prévoyait pas de démolition à la rue du Marché 8-10.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Le verdict a été rendu vendredi dernier par le Tribunal régional des Montagnes et du Val-de-Ruz: la déconstruction d’une partie de l’ancienne quincaillerie Kaufmann de La Chaux-de-Fonds constitue bel et bien une infraction à la Loi cantonale sur les constructions. Le permis de construction n’incluait pas de démolition dans le périmètre protégé l’Unesco.


Ceux qui ont démoli une partie du bâtiment chaux-de-fonnier sans autorisation ont vu leur sanction confirmée, mais allégée: 12 000 francs pour les deux frères représentants le maître de l’ouvrage, 10 000 francs pour le directeur des travaux.

Les travaux ont repris au printemps dernier sur la base d’un nouveau permis.

Les travaux ont repris au printemps dernier sur la base d’un nouveau permis.

Lematin.ch/Vincent Donzé


Les propriétaires et le directeur des travaux avaient pris la décision de déconstruire certaines façades par crainte d’un effondrement. Pour le juge, le danger n’était pas imminent au point de se soustraire à une modification du permis de construire. Par ailleurs, le problème de statique de l’immeuble inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco était connu dès le début des travaux.

Selon la radio «RTN», les prévenus ont annoncé leur intention de faire appel. «Ils ont pris une décision difficile pour éviter un drame humain», ont affirmé leurs défenseurs. Commentaire du chef de projet: «Nous sommes condamnés plus lourdement qu’un dealer pour n’avoir fait que notre travail en voulant préserver l’intégrité des ouvriers œuvrant sur ce projet».

Le directeur du projet l’avait affirmé bien avant le procès: «La sécurité passe avant tout. Je préfère être traduit en justice pour le non-respect d’un permis de construire plutôt que de la mort d’un ouvrier!». Condamné, il se dit «dégoûté» par un jugement «émis clairement afin de satisfaire la classe politique chaux-de-fonnière».

Le projet qui émane d’une fondation englobe des locaux commerciaux et publics.

Le projet qui émane d’une fondation englobe des locaux commerciaux et publics.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Pour le chef de chantier, la démolition de trois murs sur un étage côté ouest s’imposait. Selon l’entrepreneur, les murs extérieurs devenus chancelants menaçaient de s’effondrer après la déconstruction des planchers. «On ne démolit pas, on déconstruit. Ce qui a de la valeur est conservé, numéroté et retrouvera sa place», précisait le chef de projet.

Les immeubles 8 et 10 de la rue du Marché n’étaient pas beaux, mais ils participaient à un ensemble. «Jamais je n’ai eu l’intention de m’attaquer au patrimoine! Bien au contraire: notre projet restitue l’immeuble tel qu’il était!» plaidait l’entrepreneur condamné.

Un nouveau permis de construire a été délivré et les travaux ont repris. Une fondation à but social prévoit d’aménager 14 appartements protégés, ainsi que des espaces commerciaux et publics, un projet non lucratif à huit millions, sans subvention.

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56 commentaires
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Mefoudevou

01.03.2021, 12:47

Je verse une larme en voyant que c’est pour le bien des ouvriers qu’ils ont démoli , trop chou

Scott.

01.03.2021, 09:27

La Suisse n’est plus très belle à visiter... Le béton a déjà gangrener vos paysages... Le naturel n’a pas de place en suisse...

Idom

01.03.2021, 06:48

Ce genre de magouille se passe tout les jour en Suisse.... la corruption est de mise partout