Publié

ÉtudiantsOn peut échapper au stress des examens

A l'approche des épreuves de fin d'année, des ateliers de gestion du stress organisés à Genève font le plein.

Geneviève Comby
par
Geneviève Comby
Francine Blanchard, psychologue: «Les jeunes sont de plus en plus nombreux à avoir des blancs aux examens même s'ils s'y sont bien préparés.»

Francine Blanchard, psychologue: «Les jeunes sont de plus en plus nombreux à avoir des blancs aux examens même s'ils s'y sont bien préparés.»

«Tout le monde stresse, mais on en parle peu. Personnellement, le fait d'en discuter avec des gens qui vont passer les mêmes examens que moi, ça m'angoisse encore plus!» Comme Charlotte, 18?ans, ils sont une quinzaine à s'être inscrit à l'un des ateliers de gestion du stress, organisés à Genève par la psychologue Francine Blanchard en prévision des épreuves de fin d'année.

Il y a là Gaspard, 17?ans, victime du syndrome de la page blanche. «Dès que je me retrouve devant ma feuille, je perds mes moyens sans que je comprenne ce qui m'arrive», confie le collégien. Mathieu, 22?ans, inscrit en HES après une Maturité professionnelle, craint, lui, de ne pas être à la hauteur, «J'ai tellement envie de réussir que ça me bloque et je n'arrive pas à mémoriser ce que je devrais.»

Sandra, 19?ans, en année préparatoire pour la filière HES, est une angoissée chronique qui appréhende chaque session finale d'examens: «Je le vis très mal, y compris physiquement, même si ça ne m'a jamais empêché de réussir.» Mis en place il y a cinq ans, via le réseau de soins Delta, les ateliers antistress ne désemplissent pas. Rien de surprenant à entendre Francine Blanchard, du haut de ses vingt ans d'expérience en tant que conseillère en orientation: «Les jeunes sont de plus en plus nombreux à angoisser au point de ne plus se souvenir de rien au moment de l'examen, alors qu'ils s'y sont préparés!»

Avec en point de mire des débouchés incertains, les futurs diplômés sont sous haute pression. D'autant que leurs parents, eux aussi inquiets, misent énormément sur leur réussite scolaire. «Les jeunes ont très peur de les décevoir et parallèlement, ils ont l'impression que leur avenir est foutu s'ils échouent», résume la psychologue.

Les deux sessions de deux heures que dure son atelier visent à dédramatiser: «Nous expliquons les mécanismes du stress; comment ils vous empêchent de rester concentré, de mémoriser ou de restituer des informations mémorisées.» Et surtout qu'il est possible d'y faire face. Toutes sortes de trucs existent, plus ou moins adaptés aux profils des uns et des autres. Parmi eux, les «classiques» comme bien manger (des sucres lents avant un examen, du magnésium pendant), bien dormir, respirer profondément. D'autres, moins connus, comme le fait de tapoter avec ses mains sur une table, en alternant la gauche et la droite, ou avec ses pieds par terre. «Ça paralyse l'emballement du système nerveux autonome et ça bloque les montées d'émotions incontrôlables», explique Francine Blanchard.

Des parents stressants

Dans son kit de survie, la psychologue propose également des techniques de relaxation grâce auxquelles on visualise une image agréable et que, petit à petit, on associe à la situation d'examen. Avec un peu d'entraînement, il est possible de faire mentalement appel à cette image pour se détendre au moment fatidique. Homéopathie, huiles essentielles ou sport: quand on les interroge, les étudiants admettent avoir déjà mitonné leur petite cuisine antistress. Mais ils aspirent à des résultats plus spectaculaires. Sans doute aussi grâce à une impulsion extérieure. «Mon père m'a déjà montré quelques exercices de relaxation, mais comme on est un peu en conflit, je crois que je suis plus réceptive lorsque ça vient de quelqu'un d'autre…», reconnaît Charlotte.

Il faut l'admettre, les relations familiales ne favorisent pas toujours la sérénité nécessaire à la préparation des examens de fin d'année. Avec les meilleures intentions du monde, les parents attisent souvent le stress de leurs enfants, relève Francine Blanchard: «Les ados ont tendance à éviter ce qui les angoisse. D'ailleurs, leur apathie est souvent une technique de défense plus que du laisser-aller. Mais de leur côté, les parents, qui s'en inquiètent, vont exercer plus de contrôle sur leur enfant.» Et augmenter leur stress.?

* Les prochains ateliers de gestion du stress ont lieu à Genève les 3 et 10 mai (soir), les 9 et 16 mai (soir), les 12 et 19 mai (11-13?h). Inscriptions par téléphone (022?879?50?57) ou par e-mail (blanchard@gmo.ch). Prix: 60?fr. (40?fr. pour les membres du réseau Delta)

Ton opinion