Etude de Comparis: On peut subir fortement l’inflation sans en souffrir, et vice versa

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Étude de ComparisOn peut subir fortement l’inflation sans en souffrir, et vice versa

Une analyse des hausses de prix montre que ceux dont les dépenses augmentent le plus ne sont pas les plus pauvres.

par
Yannick Weber
Parmi les fortes hausses: le transport aérien. Or, ceux qui en sont impactés, souvent, peuvent se le permettre.

Parmi les fortes hausses: le transport aérien. Or, ceux qui en sont impactés, souvent, peuvent se le permettre.

20min/Vanessa Lam

La Suisse, l’Europe et le monde ont chaque mois les yeux rivés vers les taux d’inflations calculés par les États. De ceux-ci, on tente d’arracher des indexations de salaires, qui sont en général les mêmes pour tout le monde. Or, personne n’est impacté par les hausses de prix de la même manière. C’est ce qu’ont essayé de démontrer l’institut Comparis et le Centre de recherches conjoncturelles (KOF). 

Plus proche du quotidien

Ils calculent leur propre taux d’inflation, qui diffère de celui de l’Office de la statistique, car il ne prend en compte que les dépenses «du quotidien», tandis que celui de l’État intègre des dépenses soit ponctuelles (prix d’une voiture, de meubles) ou plus structurelles (investissements, loyers, niveaux des impôts). Surtout, pas tout le monde ne mène les mêmes dépenses quotidiennes et Comparis et le KOF ont cherché à montrer qui est réellement le plus impacté.

Il ressort de leur analyse qu’il s’agit des retraités. Pour eux, l’inflation en 2022 s’est élevée à 3,3%, bien qu’une baisse des coûts ait pu être notée en décembre. Le beurre, le sucre, le café, les vêtements, bon nombre de catégories de produits ont été impactées. Mais là où les prix ont bondi, c’est notamment dans le domaine des voyages – la parahôtellerie ou les billets d’avion par exemple. La hausse des prix de l’énergie impacte aussi ceux qui ont de plus grands logements.

Les moins aisés ne peuvent déjà pas se le permettre

Et c’est là que le raisonnement de Comparis et du KOF peut être difficile à entendre pour certains: ceux dont les dépenses ont le plus augmenté sont ceux qui ont les moyens de s’offrir des biens et services qui sont autres que ceux de la survie du quotidien. Car selon les instituts, ceux qui ont été le moins impactés par les hausses sont les familles monoparentales. 

«Alors que les couples sans enfants disposent en général de plus de moyens pour vivre dans des logements plus grands et voyager, les familles monoparentales, souvent, n’ont pas cet argent. Mathématiquement, elles ressentent moins le renchérissement, car elles ne peuvent de toute façon pas se permettre bon nombre des biens et services touchés par les hausses, ou en petites quantités seulement», explique Michael Kuhn, expert finances chez Comparis, cité dans le communiqué. On peut donc être faiblement impacté par l’inflation et en souffrir… tout comme on peut la subir mais pouvoir se le permettre. 

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