Actualisé 27.04.2020 à 04:45

«On peut se promener avec le chien, mais pas facturer...»

Coronavirus

Petit boulot parmi d'autres, celui d'éducateur canin est touché par les mesures du Conseil fédéral. Pour Cyril Ganne en Valais, un homme seul avec un chien ne représente pourtant aucun risque épidémiologique.

par
lematin.ch
Posant avec sa chienne Leia, Cyril Ganne se veut le porte-parole de tous ces gens qui ont des revenus modestes et accessoires, qui ne seront jamais dédommagés par les deniers publics. Il demande à pouvoir reprendre son activité qui ne présente pas de risques du point de vue du coronavirus.

Posant avec sa chienne Leia, Cyril Ganne se veut le porte-parole de tous ces gens qui ont des revenus modestes et accessoires, qui ne seront jamais dédommagés par les deniers publics. Il demande à pouvoir reprendre son activité qui ne présente pas de risques du point de vue du coronavirus.

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Cyril Ganne exerce l'activité d'éducateur canin, disposant de toutes les qualifications nécessaire. Depuis le 16 mars, il ne peut plus gagner sa vie, car son travail est considéré comme une «activité de loisirs», qui devrait reprendre en juin seulement. Il représente ces petits métiers qui n'ont droit à rien dans cette crise. «En fait, précise-t-il, depuis que les cours ne sont plus obligatoires, depuis 2016, éducateur canin n'est plus considéré comme une profession, mais comme une sorte de hobby lucratif».

Des «micro-entreprises»

Dans certains cantons à forte densité de chiens, comme Genève et Vaud, certains peuvent en vivre. Ce n'est pas vraiment le cas en Valais, où l'on compte une cinquantaine d'éducateurs et éducatrices qui ont différentes sources de revenus: «Nous sommes des micro entreprises, constate Cyril Ganne, nos chiffres d'affaires ne sont pas assez importants pour obtenir des aides, ou tellement petites qu'il nous est pas possible de subvenir avec.»

Moins risqué que chez l'esthéticienne

Les mesures prises par le Conseil fédéral le 16 mars dernier les empêchent de travailler: «Nous sommes plusieurs éducateurs à nous interroger sur la cohérence de ces mesures. Comment se fait-il qu'une esthéticienne, qui va être en contact physique avec son client, prenne moins de risques qu'un éducateur qui travaille en extérieur, où il est possible de garder les distances sanitaires préconisées lors d'un cours privé?»

«Nos clients ne comprennent pas»

Les éducateurs canins se retrouvent donc dans une situation un peu absurde: «En imaginant que vous ayez un chien, si je vais me promener avec vous, je suis en règle, mais si je vous présente une facture à la fin de cette promenade je suis en infraction.» Ainsi l'interdiction qui leur est faite de travailler n'a pas grand sens: «Nos clients ne comprennent pas cette situation et les chiens qui pourraient avoir besoin de cours vont prendre du retard».

Exception pour les chiens agressifs

Il semblerait que dorénavant, il puisse y avoir des exceptions: «On nous a dit que s'il y avait un besoin impérieux ou des risques d'agression violente envers les humains, une demande pouvait être faite au Service vétérinaire cantonal. Mais les propriétaires ne veulent pas que leur chien soit enregistré comme dangereux au Service cantonal.»

Un demi-million de chiens en Suisse

Si Cyril Ganne comprend que le moral des chiens ne soit pas la première préoccupation dans la situation actuelle, il rappelle qu'il y a «environ 500 000 chiens recensés en Suisse et soumis à un impôt. Si on fait une moyenne basse de 100 francs par chien, on peut estimer rapidement combien nos chiens rapportent aux collectivités.»

Eric Felley

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