Jura bernois: On peut tout collectionner, même des moteurs électriques!

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Jura bernoisOn peut tout collectionner, même des moteurs électriques!

Quand il était petit, Georges Cattin démontait ses jouets pour comprendre leur fonctionnement. Un demi siècle plus tard, il monte une exposition permanente.

par
Vincent Donzé
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Dans son atelier mécanique du Noirmont (JU) éclairé au néon, Geoges Cattin (59 ans) exhibe une belle ampoule.

Dans son atelier mécanique du Noirmont (JU) éclairé au néon, Geoges Cattin (59 ans) exhibe une belle ampoule.

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Un dynamo révèle toute une histoire, entre courant continu et flux alternatif, avec des incidences physiques complexes.

Un dynamo révèle toute une histoire, entre courant continu et flux alternatif, avec des incidences physiques complexes.

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Au domicile de Georges Cattin, la fragilité de la collection exigera une manutention précautionneuse jusqu'au siège de La Goule, à St-Imier (BE).

Au domicile de Georges Cattin, la fragilité de la collection exigera une manutention précautionneuse jusqu'au siège de La Goule, à St-Imier (BE).

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Quel personnage, ce Georges Cattin! De prime à bord, on dirait qu'il a mis les doigts dans la prise... Que nenni! Si ce mécanicien du Noirmont (JU) porte le cheveu long et la barbe fleurie, façon Antoine, c'est qu'à la mort de son père, il a pris son contre-pied.

Une pile

Quand il était gamin, Georges Cattin (59 ans) mettait ses jouets sur «on», des camions et des avions qui s'agitaient jusqu'à l'épuisement de la pile. «Ce n'est pas leur déplacement qui me captivait, mais le moteur qui l'actionnait: comment une pile inerte peut-elle créer un mouvement?», confie Georges Cattin.

Au Noirmont (JU), Georges Cattin travaille dans la boîte de montres. L'habillage, comme disent les horlogers. «Un client belge de mon père a cru qu'un boîtier faisait des boîtes en carton», soupire Georges Cattin.

De 1911

Dans son atelier de 1911 repris par son grand-père en 1941, Georges Cattin a été initié quand il était enfant par un électricien dont il n'oubliera jamais le nom: Vital Dubois. À sept ou huit ans, il a apprenait alors des notions abstraites, comme le «champ tournant».

Qui dit électricité pense électrocution. Georges Cattin sait qu'avec l'électricité, «on ne voit rien, on ne sent rien et tout d'un coup, on est mort», comme on le lui a rapporté à propos du courant alternatif.

C'est la foudre

Sa connaissance fascine, comme quand il mentionne au détour d'une phrase que la première expérience de l'homme avec l'électricité, c'est la foudre. Un rapport de crainte que lui n'a jamais éprouvé.

Georges s'est électrisé, certes, mais avec un téléphone Erikson: pas de quoi s'ébouriffer les cheveux! «Je ne suis pas fasciné par le danger», assure le mécanicien qui n'a pas voulu faire de sa passion un métier.

Ampère et Volta

Ses idoles sont des scientifiques qui ont le physique de l'emploi. Einstein, bien sûr, mais davantage Tesla, Ampère et Volta, des savants qui ont éclairé le monde, au propre comme au figuré.

Volubile, Georges Cattin raconte la chaise électrique utilisée en 1891 en présence d'Edison, face à un justiciable qui sentait le roussi. «Leur ambition était d'améliorer la société, pas de rétribuer des actionnaires», glisse le collectionneur.

La Goule

Si «Le Quotidien Jurassien» lui a consacré un article, c'est parce que sa collection a séduit la société électrique La Goule, ravie de l'abriter à St-Imier (BE). La moitié de la collection a été déménagée pour les 125 ans de La Goule, le solde le sera au printemps.

«Mes appareils ne craignent pas le froid, mais l'humidité», glisse Georges Cattin. Le déménagement implique de gros moyens: «Ma plus grosse dynamo pèse deux tonnes», glisse le collectionneur. Rendez-vous en été.

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