Football: «On s'est prouvé à nous-mêmes que l'on pouvait viser haut»

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Football«On s'est prouvé à nous-mêmes que l'on pouvait viser haut»

Kevin Fickentscher a changé de dimension en assumant le rôle de No 1 dans la cage du FC Sion. Le portier vaudois évoque sa trajectoire, l'évolution de son poste et les nouvelles ambitions valaisannes.

par
Nicolas Jacquier
Kevin Fickentscher, ici dans le couloir conduisant au vestiaire du FC Sion, s'est imposé comme l'assurance tous risques du club de Tourbillon.

Kevin Fickentscher, ici dans le couloir conduisant au vestiaire du FC Sion, s'est imposé comme l'assurance tous risques du club de Tourbillon.

Yvain Genevay

A 30 ans, Kevin Fickentscher a pris cette saison une nouvelle dimension dans la cage du FC Sion. Engagé initialement en tant que doublure d'Andris Vanins d'abord puis de Mitryuskhin ensuite, le Vaudois a changé de statut depuis la grave blessure du portier russe, en novembre 2017. Engagé l'été dernier pour devenir le nouveau No 1 du club valaisan, le Français Anthony Maisonnial n'a disputé qu'un seul match, qui s'était soldé par une rocambolesque erreur contre Lugano qui avait aussitôt fait le tour du monde (et des réseaux sociaux). Ancien gardien du LS (entre 2013 et 2015), Fickentscher, lui, assure. Interview d'un homme bien entre ses poteaux.

Kevin Fickentscher, si l'on vous dit que vous réalisez votre meilleure saison, vous êtes d'accord?

Disons que j'évolue positivement. Enchaîner les matches, ça aide aussi. Quand l'équipe tourne bien comme c'est le cas aujourd'hui, tout le monde va mieux et tout le groupe en profite aussi. Si l'on m'avait dit voici deux ans que j'allais disputer autant de matches avec le FC Sion, je ne l'aurais probablement pas cru. Comme le vin, il faut croire que je me bonifie avec l'âge.

A quoi le gardien que vous êtes mesure-t-il ses progrès?

C'est surtout une question de feeling. Je me sens plus serein, plus fort aussi. Il y a des matches durant lesquels je me dis que rien ne peut m'arriver. C'est un peu comme si j'entrais en transe. Dans ma tête, je me dis qu'«aujourd'hui c'est pour moi»…

Etre gardien, c'est aussi vivre avec l'erreur…

Paradoxalement, je me sens mieux parce que j'appréhende autrement l'erreur. Il faut apprendre à vivre avec ce risque-là et pour cela, savoir lâcher prise. Je pense que cela a contribué à me rendre meilleur (…) La saison dernière était en cela plus compliquée. Compte tenu de nos résultats, je savais que je n'avais pas droit à l'erreur. Chaque erreur pouvait nous conduire à la relégation.

Cette fameuse confiance que vous personnifiez désormais, elle vient d'où?

On prend de la bouteille en jouant chaque week-end. On sait ce dont on est capable, même si l'on repart de zéro à chaque coup d'envoi.

Etre No 1 ou remplaçant, ce n'est bien sûr pas la même chose non plus…

Il y a eu les circonstances que l'on connaît. Je ne vais pas mentir: être No 2, ce n'est pas la même chose. Cela dit, cela ne change rien à l'entraînement. On se donne autant sinon encore plus. Dans ma carrière, j'ai souvent mis le club en avant, au-delà de ma propre personne.

Par rapport à vos débuts, en quoi le poste de gardien a-t-il le plus évolué selon vous?

Avant, le rôle du gardien se limitait à arrêter des ballons. Aujourd'hui, c'est aussi d'aider l'équipe, d'être le premier relanceur dans le jeu au pied notamment. C'est presque devenu un joueur de champ qui peut aussi jouer avec les mains.

En quoi ce rôle-là, qui demeure particulier, l'est-il spécialement?

C'est un rôle exigeant, complexe, qui ne convient pas à n'importe qui et que beaucoup sous-estime encore. Il faut être un peu différent des autres. Parfois, il m'arrive de me demander si j'aurais aussi pu faire carrière en tant qu'attaquant.

Et la réponse est…

Sincèrement, je ne sais pas. Mais ça me titille suffisamment pour marquer parfois quelques buts à l'entraînement.

Tout semble sourire au FC Sion qui, menacé un temps d'être barragiste, peut revendiquer dorénavant la troisième place... A quoi tient cette spectaculaire métamorphose?

Le travail commence à payer. On s'est prouvé à nous-mêmes que l'on pouvait viser haut. Pour cette fin de championnat, on se doit d'être ambitieux, d'aller chercher la troisième place.

Cela passe par un nouveau gros match dimanche à Lugano… On sait que cela va être compliqué. Une grosse bataille nous attend là-bas. Lugano a des arguments mais… on n'est pas à court non plus.

Comme Mitryuskhin, vous êtes en fin de contrat au 30 juin. Peut-on imaginer un nouveau bail?

On se dirige vers une prolongation de contrat, effectivement. Je me sens bien en Valais et j'aime ce club (ndlr: le FC Sion devait communiquer quelques heures plus tard que son gardien avait prolongé de deux ans).

Allez-vous revendiquer un nouveau statut, la garantie d'être titulaire par exemple?

Demander quelque chose m'apparaît totalement dérisoire...

En tant que Vaudois et ancien portier de la Pontaise, quel regard portez-vous sur le parcours cahotique du LS?

Comme d'autres, j'en attendais beaucoup plus. Compte tenu des moyens financiers et des ambitions affichées au départ, je pensais que Lausanne lutterait bien plus longtemps pour la première place. C'est en tout cas une déception.

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