28.10.2020 à 17:51

Mesures sanitaires«On va au-devant d’heures sombres pour notre profession»

À la suite des annonces du Conseil fédéral durant la conférence de presse de ce mercredi, le monde du spectacle réagit fortement. Les enseignants sont mitigés.

Un spectacle avec 50 personnes pour la plupart des productions, ce n’est pas envisageable», a dit mercredi soir à Keystone-ATS Matthieu Obrist, président d’Artos. (image d’illustration)

Un spectacle avec 50 personnes pour la plupart des productions, ce n’est pas envisageable», a dit mercredi soir à Keystone-ATS Matthieu Obrist, président d’Artos. (image d’illustration)

KEYSTONE

Avec une limitation à 50 personnes, les milieux du spectacle sont sonnés. «Un spectacle avec 50 personnes pour la plupart des productions, ce n’est pas envisageable», a dit mercredi soir à Keystone-ATS Matthieu Obrist, président d’Artos, l’association professionnelle des techniciens et des administratifs dans le secteur culturel.

«On était déjà inquiets quand les autorités ont arrêté les jauges à mille personnes, mais là à 50 personnes et sans date de fin, autant dire que l’on ne peut rien faire, a-t-il poursuivi. On va au devant d’heures sombres pour notre profession. «

Même analyse pour Anya della Croce de l’association Petzi, la faîtière suisse des festivals et des salles de concert de musiques actuelles, qui compte plus de 200 membres en Suisse comme les Docks à Lausanne, le Fri-Son à Fribourg ou le festival de films et de musique, le LUFF: «la limitation à 50 personnes, staff et artistes compris si je comprends bien, ne permet à aucune structure d’être économiquement viable aujourd’hui et de donner du sens aux activités culturelles qui sont proposées. Cela équivaut de facto à une fermeture».

Fonds de garantie demandé

Le secteur culturel se livre à des contorsions depuis le début de la crise pour s’adapter aux exigences des autorités et de la pandémie. Mais il ne sera pas forcément en mesure de relever le gant cette fois. «Une fermeture momentanée permettrait de préserver les équipes de professionnels et de bénévoles, qui sont à bout de souffle. Elles pourraient revenir avec une structure opérationnelle, motivée et sans se mettre en danger, quand une réouverture sera envisageable», a relevé Anya della Croce.

Pour faire face à la situation et en plus des mesures de soutien déjà envisagées, les milieux culturels demandent notamment la création d’un fonds de garantie.

Enseignants à moitié satisfaits

La décision du Conseil fédéral de rendre le masque obligatoire au secondaire II est «positive», ont estimé mercredi Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands (SER), et sa pendante alémanique Dagmar Rösler. «Mais nous espérions aussi des règles unifiées au niveau de l’école obligatoire.»

«La situation semble aussi grave que ce printemps, les règles doivent être les mêmes partout», considère Samuel Rohrbach, interrogé par Keystone-ATS. «Il ne faut pas laisser la mainmise aux cantons concernant l’école obligatoire.»

ll pointe ce qu’il voit comme une incohérence: «les enfants de plus de 12 ans ont l’obligation de porter le masque dans les espaces publics, mais pas dans tous les cantons dans toutes les écoles».

(ATS/NXP)

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