Actualisé 29.04.2018 à 16:30

On va reprendre les bonnes habitudes

Motocyclisme

La chronique de Thomas Lüthi, pilote de MotoGP, à découvrir dans «Le Matin Dimanche».

par
Thomas Lüthi
Remo Neuhaus

Dans une semaine, à Jerez de la Frontera, nous allons tous reprendre nos bonnes habitudes. Les GP outre-mer sont particuliers, parce qu’il y a bien sûr les longs voyages – j’ai mis 35 heures pour rejoindre Austin, depuis Zurich, en raison d’annulations de vols! – mais aussi parce que nous y vivons plus entre nous. On partage les mêmes hôtels, les mêmes voitures de location.

En Europe, c’est différent. Cette année, je crois que je serai le seul pilote MotoGP à dormir à l’hôtel et cela ne m’ennuie pas du tout. Cela fait du bien, par moments, de sortir un peu du paddock. Pendant la journée, j’aurai une chambre dans un des camions du team, que je partagerai avec Joan Mir, l’un des pilotes Moto2 de notre équipe. C’est essentiel d’avoir un endroit «privé», parce que mes journées sont toujours plus remplies.

C’est une des immenses différences par rapport à ce que j’ai connu ces dernières années: au Texas, par exemple, j’ai passé une bonne partie de mon jeudi pour des séances de shootings photos, en plus de mes rendez-vous fixes avec les médias. À côté de ces activités, c’est aussi le jeudi que nous établissons un plan de travail technique pour le week-end. En théorie, on se lance dans la première séance d’essais libres du vendredi avec une base – boîte de vitesses, gestion électronique – qui était celle de Marquez l’an dernier pour le circuit que nous allons découvrir. La géométrie de la moto est en revanche celle que nous avons utilisée au GP précédent en course, si nous n’y avons pas connu de gros problèmes.

Ensuite, il y a le rituel du tour à pied avec toute l’équipe. C’est un moment d’échange important, une prise de conscience, aussi, de ce qui nous attend. Pour reprendre l’exemple du Texas, nous avons compris dès ce moment-là que même si les bosses les plus importantes ont été rasées durant l’hiver, la piste restait dans un état indigne d’un GP. J’allais m’en rendre compte un peu plus chaque minute passée en action…

Suivent deux journées très intenses, avant le dimanche, moment de la course. Et là aussi, c’est très différent de ce que j’ai connu en Moto2, parce que l’attente entre la fin du warm-up et le départ du GP est beaucoup plus longue. Que faire? Rester complètement «dedans», à parler à droite et à gauche, sous peine de griller pas mal d’énergie? Personnellement, je préfère me cacher, être seul, ignorer le brouhaha qui nous entoure et qui va aller crescendo jusqu’au départ, à 14 heures.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Nino Niederreiter, Fanny Smith, Thomas Lüthi et Yann Sommer.

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