Berne: «On va se battre pour garder l'âge de la retraite des femmes»
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Berne«On va se battre pour garder l'âge de la retraite des femmes»

De retour au Parlement après quinze ans, Pierre-Yves Maillard reprend les combats qu'il affectionne: sécurité des retraites, répartition des richesses et maintien du pouvoir d'achat.

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Très sollicité par les médias, Pierre-Yves Maillard, président de l'Union syndicale suisse, a plus de temps et de liberté au Parlement pour développer ses stratégies, notamment pour une meilleure répartition des richesses.

Très sollicité par les médias, Pierre-Yves Maillard, président de l'Union syndicale suisse, a plus de temps et de liberté au Parlement pour développer ses stratégies, notamment pour une meilleure répartition des richesses.

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Il est plutôt rare à Berne de voir un conseiller d'Etat cantonal revenir sièger dans le chaudron du Conseil national. Ces dernières années ont plutôt montré l'inverse. Le Conseil national a été un tremplin à sens unique pour accéder à un exécutif cantonal. Avec Jacqueline de Quattro (PLR/VD), Pierre-Yves Maillard, 51 ans, a quitté le confort du Château à Lausanne, pour se replonger dans les aléas de la vie parlementaire en tant que président de l'Union syndicale suisse.

Après votre exil vaudois, si on peut dire, comment avez-vous retrouvé ces lieux ?

Je les ai quittés il y a quinze ans, mais j'ai été élu la première fois il y a vingt ans. Le benjamin du Parlement (Andri Silberschmidt (PLR/ZH) ndlr.), qui a fait le discours d'inauguration lundi, avait donc cinq ans quand j'y étais. Il y a deux ou trois choses qui me font drôle, mais sinon c'est avec plaisir. Il y a de gros défis pour les causes que j'essaie de défendre avec le mouvement syndical, mais aussi avec les forces progressistes. Le Parlement est très différent d'il y a vingt ans, plus féminin, plus jeune aussi. Moi j'ai vieilli, mais le Parlement a rajeuni... Et puis. il est un peu plus à gauche, un peu plus progressiste que par le passé, donc cela ouvre des perspectives intéressantes.

Quels seront vos combats plus précisément du point de vue syndical

Il y aura le dossier des retraites avec le deuxième pilier, où nous avons négocié un compromis qui nous paraît acceptable. Aussi, évidemment, il y aura la question de l'AVS. Là, on va se battre contre l'élévation de l'âge de la retraite des femmes. Pour le reste, il y a des enjeux économiques et sociaux pour l'avenir de notre politique industrielle, le fait qu'on ait encore une capacité de créer de l'emploi dans ce domaine-là. Il faut renforcer enfin notre capacité à assurer une meilleure réparition des richesses, parce qu'il y a un problème de pouvoir d'achat qui commence à monter.

Et que ferez-vous de la santé, votre sujet favori dans le canton de Vaud ?

C'est la commision que j'ai demandée et le groupe doit normalement confirmer tout cela bientôt. Le domaine de la santé fait partie du thème du pouvoir d'achat, c'est un des éléments, avec les primes par tête, qui l'a affaibli. Dans le canton de Vaud, nous avons plafonné le poids des primes grâce à une politique de subsides beaucoup plus offensive. Il faudra le faire ici à l'échelle nationale. Il faudra prendre des mesures de maîtrise des coûts, qui n'affaiblissent pas les prestations, il existe des moyens pour le faire. Le Conseil fédéral, en intervenant dans le Tarmed, a montré qu'il était possible d'éviter certains abus. Il faudra continuer dans cette voie et je serai évidemment très intéressé à participer à ces discussions.

Que pensez-vous de l'élection de Regula Rytz au Conseil fédéral ? Etes-vous de ce combat ?

On va encore en discuter dans le groupe. Mais à titre personnel, si je dois choisir entre Regula Rytz et un conseiller fédéral, qui a parfois eu des attitudes assez discutables sur la défense des mesures d'accompagnement, pour moi le choix sera simple. Mais c'est une discussion que l'on doit avoir. Ensuite, en tant que président de l'USS, je ferai avec le Conseil fédéral élu. Nous avons à prendre acte du choix du Parlement et faire avec ceux qui seront en place.

Eric Felley

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